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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Ancien PS

L’université d’été de la Belle alliance populaire, prévue fin août à Nantes, est enterrée. Depuis plusieurs semaines, le parti majoritaire comme le gouvernement peinent à organiser des réunions publiques. À moins d’un an de la présidentielle, la campagne est compromise.

C’est la folle rumeur qui circulait dans les rangs de la gauche de la gauche depuis plusieurs jours : pour organiser la venue du premier ministre Manuel Valls à l’université d’été du PS, prévue fin août à Nantes, un tunnel secret était en cours de construction entre la gare et la Cité des congrès, distantes de quelques centaines de mètres. Rumeur sans fondement, mais qui en disait long sur les difficultés qui attendaient le parti majoritaire. En annonçant, dimanche 3 juillet, sa décision de reporter ou de suspendre l’université d’été, le premier secrétaire socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, acte de fait l’impossibilité d’assurer une réunion dans la sérénité.

« Les conditions de tranquillité, de sérénité, de sécurité ne sont pas réunies », a expliqué lundi Cambadélis au Monde. Selon le quotidien, deux éléments ont amené à cette décision. D’abord, l’appel lancé il y a deux semaines par un comité d’opposants à la fois à la loi sur le travail et à l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, titré À l’abordage !. Dans ce texte, les signataires expliquent : « Du 26 au 28 août, le parti socialiste prétend lancer sa campagne présidentielle à Nantes lors de son université d’été. Ce sera la dernière mascarade d’un mandat marqué par un discrédit sans précédent et d’un gouvernement dont la seule réussite est d’avoir agrégé contre lui une colère unanime. »

« Nous appelons toutes celles et ceux que ce gouvernement révulse à s’organiser partout pour converger à Nantes du 26 au 28 août. Venez avec vos potes, vos collègues, vos tentes, tracts, idées, pratiques. Rédigez vos propres appels, organisez-vous pour nous rejoindre, prenez l’initiative ! On a tous une bonne raison de détester le PS », concluait le texte. L’autre élément avancé est plus cocasse. Selon Le Monde, c’est une interview de Julien Coupat, du groupe dit de Tarnac, à Mediapart qui lui aurait mis la puce à l’oreille. Le ministère de l’intérieur aurait par conséquent multiplié les alertes.

Concrètement, Cambadélis devrait soumettre sa décision au Bureau national du PS ainsi qu’à la coordination de la Belle alliance populaire. Parmi les scénarios envisagés, l’idée de faire plusieurs universités d’été régionales circule, tout comme celle d’un rassemblement à l’automne. Un projet déjà critiqué par une partie des socialistes, comme le vallsiste Luc Carvounas :

Il y a « une radicalisation d'une partie de l'ultra-gauche et tout le monde a fermé les yeux dessus », justifie le patron du PS dans les colonnes du Monde. « La violence est là, ce n'est pas le résultat d'une politique, c'est une dérive de la société française », ajoute-t-il. Mais c'est bien le climat politique qui est à l'origine de l’annulation de l’université d’été. Au fil des mois de manifestations, la contestation de la loi sur le travail s'est étendue au recours à l’article 49-3 de la constitution à l’Assemblée, aux violences policières lors des manifestations, à la gestion du maintien de l’ordre en général, et à la volonté du gouvernement, au moins pendant quelques heures, d'interdire une manifestation parisienne. Et la colère visant l'exécutif va bien au-delà des seuls rangs du concept vague et fourre-tout de « l'ultra-gauche ».

 

Manuel Valls pendant son discours lors du meeting Hé oh la gauche du 8 juin Manuel Valls pendant son discours lors du meeting Hé oh la gauche du 8 juin.

 

Depuis plusieurs semaines, tous les voyants sont au rouge pour le parti au pouvoir. Dans les manifestations, des centaines de personnes défilent en chantant : « Tout le monde déteste le PS ! » Un refrain jamais entendu pour l'UMP à l'époque de la réforme des retraites ou du CPE. Ces dernières semaines, une cinquantaine de permanences parlementaires et de locaux du PS ont été dégradés.

Plusieurs meetings de l'initiative pro-gouvernementale « Hé oh la gauche », autour du porte-parole du gouvernement et ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, ont été perturbés. Celui prévu le 17 mai à Lille a dû être annulé, pour cause de mobilisation le jour même contre la loi sur le travail – une nouvelle réunion est prévue ce lundi 4 juillet. Le 8 juin, un autre meeting, à Paris, réunissait le premier ministre Manuel Valls, Jean-Christophe Cambadélis et plusieurs ministres. Objectif : montrer que la loi sur le travail, qui arrivait au Sénat quelques jours plus tard, serait ultralibéralisée par la droite majoritaire dans la chambre haute. Las, la réunion publique le fut à peine, entre les 200 militants triés sur le volet à l’intérieur, et l’important dispositif policier à l’extérieur, chargé de repousser des manifestants nombreux et déterminés. Quelques jours plus tard, le 13 juin, le meeting n’a tout simplement pas eu lieu. Annulé une fois encore en raison des manifestations.

Le 29 juin, à Bordeaux, une réunion publique autour de Stéphane Le Foll a dû être écourtée. Dans la salle, une trentaine d’opposants à la loi sur le travail avaient pu se jouer des contrôles de sécurité. Alors que les orateurs parlaient, des slogans tels que « 49-3 ! », « Vous n'écoutez pas le peuple ! » ou encore « C'est ça, la gauche ! » ont retenti dans la salle pourtant clairsemée. Une vidéo montre un homme d’une soixantaine d’années violemment mis à terre par le service d’ordre au moment où il tente de brandir un panneau « Valls démission » devant Le Foll.

Vendredi 1er juillet, à Montpellier, c’est le premier ministre Manuel Valls qui a essuyé les huées de la foule, en venant discourir pour l’inauguration d’une ligne de tramway. Une fois encore, les manifestants ont pu déjouer les fouilles d’un dispositif de sécurité imposant.

Du côté de la Belle alliance populaire, lancée par Cambadélis avec les alliés du PS comme le PRG, les écolos qui ont quitté EELV et des membres de la société civile – dont Fadela Amara, ancienne secrétaire d’État de Nicolas Sarkozy –, ce n’est guère plus réjouissant. La réunion publique samedi 2 juillet s’est déroulée dans le calme au gymnase Japy à Paris, mais le PRG a boudé la journée, mécontent des conditions dans lesquelles le premier secrétaire du PS a embarqué la BAP dans une primaire sans en référer aux autres forces qui la composent.

Il semble loin le temps où Cambadélis, en prenant les rênes du parti en décembre 2014, pouvait promettre de faire du PS un parti de masse d’ici à 2017. Il promettait alors 500 000 adhérents. L’étiage du parti se situe plutôt aujourd’hui à 50 000, soit dix fois moins…

La direction même est divisée, surtout depuis que les aubrystes ont donné de la voix, fin février, pour protester contre la loi sur le travail. Ceux-ci représentent un tiers de la motion A majoritaire, en y agrégeant la motion D et la motion B de l’aile gauche du PS, la majorité de Cambadélis est depuis cette date plus virtuelle que réelle (lire ici l’analyse de Stéphane Alliès). À tel point que le Bureau national n’a jamais été appelé à se prononcer par un vote sur la loi travail.

Au sein même de la maison PS, rue de Solférino à Paris, la situation est tendue. Selon plusieurs participants interrogés par Mediapart, deux assemblées générales des personnels du parti ont eu lieu, l'une en avril, l'autre en juin. En cause : la gestion du premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis. Dans un courrier de la section CGT, révélé par L'Express, il est question d'un « mal-être au travail qui tient aujourd'hui moins à la situation politique globale qu'au mode de gouvernance de notre siège ». « Une partie croissante des salariés oscille en fin de compte entre bore-out et burn-out », écrit la section syndicale, en référence aux permanents soit sous-utilisés, soit volontairement écartés au profit de prestataires extérieurs.

Après cette première AG du personnel, Cambadélis avait annoncé la création d'un groupe de travail interne à Solférino. Mais il n'a débouché sur rien. D'où une deuxième réunion des permanents, en juin, dans un « climat très tendu », selon plusieurs sources, qui indiquent que les demandes des salariés n'ont toujours pas été entendues.

En quittant le rassemblement de la BAP samedi 2 juillet, Stéphane Le Foll a glissé à des journalistes que « l'essentiel, c'est d'engager la dynamique ». Visiblement, celle-ci ne joue pas pour l'instant en leur faveur.

Par christophe Gueugneau et Lénaïg Bredoux

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