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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Aide-Mémoire

Nice est l’une des villes les plus sécurisées et surveillées de France. Des questions se posent sur le dispositif mis en place jeudi soir.

Les multiples témoignages recueillis depuis jeudi soir permettent d’en savoir un peu plus sur la trajectoire du camion, lourd de 19 tonnes, qui a foncé sur la foule rassemblée sur la promenade des Anglais, à Nice (Alpes-Maritimes), pour le feu d’artifice du 14-Juillet. L’ancien maire de la ville (et actuel premier adjoint) Christian Estrosi a indiqué vendredi matin, au micro de France Info, que le réseau de caméras de vidéosurveillance (il y en a 1 257) avait permis de « remonter très loin en amont pour voir très précisément où le conducteur a pris son volant et dans quelles conditions il est monté à bord ».

 

Christian Estrosi au Centre de supervision urbain (CSU). © Reuters Christian Estrosi au Centre de supervision urbain (CSU). © Reuters

 

L’exploitation de ces images a en effet permis de préciser l’itinéraire qu’a emprunté le chauffeur.  D’après les informations connues à ce jour, le véhicule est entré sur la promenade des Anglais par la rue Lenval, qui contourne l’hôpital éponyme, à l’ouest de la ville, aux alentours de 22 h 45. Lancé à vive allure, il a ensuite parcouru près de 2 kilomètres, avant d’être arrêté au niveau du palais de la Méditerranée. Selon des témoins, le camion est monté sur le trottoir dès le niveau de la rue Lenval, où les corps des premières victimes ont été retrouvés. Il a ensuite donné des coups de volant pour faucher le maximum de piétons.

Arrivé à proximité du boulevard Gambetta, il serait de nouveau passé sur le trottoir afin d’éviter le barrage marquant le début de la zone piétonne, laquelle s’étend, pour ce type d’événements festifs, jusqu’à la colline du château. C’est à ce moment-là qu’il aurait, en toute logique, forcé les barrières de sécurité qui matérialisent l’interdiction de circuler, avant de tirer sur des policiers au niveau de l’hôtel Negresco et de finir par être tué par les forces de l’ordre 300 mètres plus loin, juste avant d’atteindre le jardin Albert-1er, où la densité de population est généralement la plus forte.

 

carneniceok

 

On connaît peu de chose, en revanche, sur les jours qui ont précédé l’attaque. Lors de sa conférence de presse, le procureur général François Molins a précisé que le camion frigorifique avait été loué le 11 juillet, dans la commune limitrophe de Saint-Laurent-du-Var, et qu’il stationnait depuis le 13 dans le quartier Auriol, à Nice-Est. C’est là que le conducteur est venu le chercher, à vélo, jeudi 14 juillet à 21 h 34, avant de prendre la route vers l’ouest et le quartier Magnan.

Mais de nombreuses questions restent en suspens. Où le véhicule était-il stationné entre le 11 et le 13 juillet ? Comment un engin de cette taille a-t-il pu gagner, sans être inquiété, la promenade des Anglais, pourtant interdite aux véhicules utilitaires depuis les années 1960 ? Quel dispositif de sécurité avait été pensé, en plein état d’urgence, pour un événement qui rassemble chaque année des dizaines de milliers de personnes ? Combien de policiers étaient déployés sur la zone encore ouverte à la circulation ?

« En tout, nous avions une cinquantaine de collègues de la police nationale, affirme à Mediapart Yves Lefebvre, secrétaire national du syndicat Unité SGP Police FO. En l’état actuel des effectifs, on ne peut rien dire d’autre que “le dispositif était suffisant”. Entre la région francilienne et Calais, on n’a plus de CRS disponibles. On ne peut pas faire mieux que ce qu’on a. » À ces effectifs s’ajoutaient ceux de la police municipale, « aussi nombreuse si ce n’est plus que la police nationale », a précisé Christian Estrosi, qui avait écrit la veille à François Hollande pour réclamer un « grand plan d’urgence pour protéger nos policiers et leur donner les moyens d’agir » – et l’a rapidement fait savoir au Figaro.

« Comment est-il possible, alors que la promenade des Anglais était privatisée, que ce véhicule ait pu y accéder ? a-t-il encore interrogé sur BFM. Combien de policiers nationaux étaient en poste ? Quels sont les moyens qui avaient été mis en œuvre alors que notre pays est encore en état d’urgence, pour éviter cela ? Ce sont des questions que j’ai posées au ministre de l’intérieur, sans avoir de réponse, puisque bien évidemment on me répond toujours : “Enquête.” » « Aucun dispositif de sécurité n’est en mesure d’empêcher un camion de 19 tonnes à la vitesse à laquelle il est entré dans le périmètre et avec la puissance qu’il y a mis », a de son côté souligné le délégué Unité SGP Police FO Luc Poignant, dans L’Obs.

Ce dernier a aussi précisé dans Le Monde que « les personnes voulant se balader sur la promenade des Anglais avaient fait l’objet de contrôles et de fouille », ce qui est partiellement vrai. La zone a en effet été vérifiée avant que ne commence le traditionnel défilé du 14-Juillet, mais il était parfaitement inenvisageable de fouiller les dizaines de milliers de personnes qui sont arrivées, à la nuit tombée, sur le bord de mer pour regarder le feu d’artifice. « Il en vient de partout, de toutes les petites ruelles, c’est impossible », assure un policer municipal.

 

Malgré la menace terroriste – un attentat visant le carnaval de Nice avait été déjoué en 2014 et un militaire avait été blessé à coups de couteau en janvier dernier – et le fait que ce mode opératoire corresponde en tous points aux préconisations de l’organisation État islamique (EI), c’est un dispositif de sécurité plutôt « classique » qui a été décrit à Mediapart par différentes sources policières. « Nous ne sommes pas préparés à une intrusion par la force, indique l’une d’entre elles. Le dispositif ne prévoyait même pas de chicanes en béton. Ce n’est pas avec des petites barrières qu’on arrête qui que ce soit, alors un camion de cette taille… »

En marge du carnaval de Nice, du festival de Cannes et de l’Euro 2016, la Côte d’Azur s’était pourtant préparée à maintes reprises à l’hypothèse d’une attaque terroriste. « On savait qu’on était une cible, comme beaucoup d’autres villes de France. Peut-être un petit peu plus à cause de la frontière, à cause des nombreux migrants qui passent par la frontière franco-italienne. Mais bien sûr que mes collègues savaient que la ville était en danger, était sous pression. Et pour cela, depuis des mois, on a une pression terrible au travail au-dessus de nos têtes », a confirmé le secrétaire départemental Alliance police nationale, Laurent Laubry, sur iTélé.

Jeudi soir pourtant, le gros des effectifs policiers avait été concentré sur la partie réservée aux piétons, où se trouvait le plus de monde. La partie de la promenade des Anglais qui longe l’avenue de la Californie et la rue de France (le chauffeur a circulé du numéro 147 au 11, selon François Molins) était bien moins surveillée que la zone interdite à la circulation. Reste la question des caméras de vidéosurveillance. L’arsenal sécuritaire mis en place depuis plusieurs années par la ville de Nice n’a pour le moment obtenu que de faibles résultats. Pourtant, Christian Estrosi continue d’en vanter l’efficacité.

Selon d’autres témoignages, le camion qui a tué 84 personnes jeudi soir avait été repéré une demi-heure plus tôt au croisement de l’avenue Fabron et de l’avenue de la Californie. « Je l’avais vu un peu avant, il conduisait bizarrement. Il accélérait, freinait, re-accélérait, re-freinait... », a affirmé un témoin dans les colonnes de Nice-Matin. « Plusieurs personnes m’ont raconté la même histoire, s’agace un riverain auprès de Mediapart. Les poids lourds sont interdits dans le centre-ville, il y a des caméras à chaque coin de rue et aucune d’entre elles ne réagit… Ça interroge sur les limites du système quand même… »

Par Ellen Salvi et MEDIAPART.

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