Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
citoyen18.overblog.com

citoyen18.overblog.com

La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Médias

Dans la foulée du massacre de la promenade des Anglais, la droite et l’extrême droite ont dénoncé « l’impuissance de l’exécutif », et réclamé que « la vérité » soit enfin assumée. Nicolas Sarkozy estime ainsi que « le moment de dire les choses viendra bientôt ». Reste à savoir de quelles promesses il veut parler…

Contrairement aux attentats de janvier et de novembre 2015, la polémique s’est engagée très vite. Christian Estrosi a interpellé le gouvernement, suivi d’Éric Ciotti, de François Fillon, et même d’Alain Juppé d’ordinaire plus réservé dans ce type de circonstances (lire nos reportages sur Mediapart : « Des élus veulent pointer la responsabilité du pouvoir » et « François Hollande mesure le risque de dislocation »).

Il faut dire que l’horreur du bilan, le mode d’action impitoyable du tueur, la symbolique du 14-Juillet, et la succession désormais régulière d’attentats peuvent provoquer dans les esprits une lassitude mêlée de colère et d’impatience : « Mais que font les pouvoirs publics ? », cette interjection habituelle, lancée à l’occasion des malheurs ou des contrariétés du quotidien, prend cette fois une résonance tragique. Ce sont des hommes, des femmes, des enfants, qui ont été frappés à l’aveugle, mais c’est un pays tout entier et un mode de vie commun qui sont visés et malmenés. Il est donc naturel que le regard des citoyens se tourne vers ceux qui détiennent l’autorité. Les questions sur le renseignement, le suivi des suspects, les moyens et leur mise en œuvre, l’efficacité ou l’inutilité de l’état d’urgence, ne sont pas superflues…

Mais quelque chose étonne dans le discours public, notamment de la part des grands élus de l’opposition. À force de coller aux sentiments et aux ressentiments des anonymes qui s’expriment dans la rue ou sur les réseaux sociaux, de surfer sur les peurs et les fureurs, et même de souffler sur les braises, ne prennent-ils pas le risque de ruiner l’autorité politique qu’ils aspirent à exercer ?

Henri Guaino dégage-t-il une impression de sagesse lorsqu’il invite à armer de lance-roquettes les militaires chargés d’assurer la sécurité des rues ? Christian Estrosi est-il crédible, quand il interpelle l’État en oubliant que les grands élus locaux ou régionaux ne sont pas des quidams ? Emportés par leur zèle, les chefs des diverses oppositions, au fil des temps et des alternances, se sont souvent aventurés sur des chemins intenables, qui les ont ridiculisés dès qu’ils sont passés du ministère du verbe aux allées du pouvoir. Avec le terrorisme qui porte à incandescence des questions aussi fondamentales que la sécurité, l’autorité, ou l’identité, ce risque est multiplié par mille. C’est l’essence même du pouvoir politique, sa capacité à agir, à entraîner, à gérer le réel, qui se trouve mise en question.

À ce titre, et au-delà des dérapages des uns ou des autres, une rhétorique est en train de devenir dominante. Elle parle, comme l’a fait Nicolas Sarkozy à la sortie d’une cérémonie religieuse, de « dire les choses » pour être cru. De les nommer. De lever les tabous. D’oser mener la guerre, puisqu’on nous la déclare.

Le problème, c’est que ce discours martial (« Aux armes citoyens, formez vos bataillons, marchons, marchons, qu’un sang impur abreuve nos sillons ») est justifié par une autre exigence. La promesse de sécurité et de tranquillité. À entendre ces proclamations, il faut oser la guerre pour se mettre à l’abri ! On entre là dans un concept qui date de la première guerre du Golfe. On a dégainé à cette époque l’idée d’une guerre technologique où ne mourraient que les ennemis, et encore… La guerre propre. La fameuse guerre à zéro mort.

On a vérifié depuis cette époque, et de façon souvent affreuse, que ce concept de guerre à zéro mort était une escroquerie. Le plus grand bobard des quarante dernières années. On meurt toujours à la guerre, qu’elle soit symétrique ou pas. Partir en guerre c’est décider, à tort ou à raison, qu’un intérêt collectif supérieur surpasse le droit individuel de vivre, et qu’il peut être utile, au nom du bien public, que des gens trouvent la mort. Si la guerre dont on parle est une nécessité, elle fera d’autres victimes, quelles que soient les précautions.

S’avancer devant l’opinion en promettant que personne ne mourra, parce qu’on prendra de fantastiques mesures de protection, et soutenir dans le même mouvement qu’il faut déclarer la guerre et l’assumer, est un mensonge intenable. Soit on se planque pour survivre, soit on se bat quitte à mourir, mais pas les deux à la fois. Alors qu’ils s’apprêtent à revenir au pouvoir en réclamant qu’on « dise les choses », les candidats à la primaire de droite feraient bien de ne pas les escamoter.  

 

Par Hubert Huertas et MEDIAPART.

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog