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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Politique

Trois jours après la plus importante mobilisation depuis trois mois, la CGT était reçue ce vendredi par la ministre du travail. Un rendez-vous très attendu entre le gouvernement et la centrale syndicale à la pointe de la contestation qui a confirmé «les désaccords profonds» entre eux, selon le secrétaire de la CGT Philippe Martinez.  

Philippe Martinez, le secrétaire de la CGT, avait rendez-vous ce vendredi 17 juin avec Myriam El Khomri, la ministre du travail. Accompagné de deux autres cadres du syndicat, Catherine Perret et Fabrice Angei, la bête noire du patronat et du gouvernement, en première ligne de la contestation contre la réforme du code du travail, a tenté de renouer le fil du dialogue au sommet du pouvoir et de trouver une sortie de crise au conflit social le plus long et le plus étendu du quinquennat Hollande. Mais un dialogue peut-il s’ouvrir quarante-huit heures après la surenchère verbale de l’exécutif contre les syndicats, la CGT en particulier, accusée une nouvelle fois d’avoir une responsabilité et une attitude « ambiguë », selon les mots de Manuel Valls, à l’égard des casseurs qui ont débordé la manifestation du 14 juin ?

Un dialogue est-il encore possible alors que François Hollande et son premier ministre, tout en fermant les yeux sur les violences policières, les manifestants grièvement blessés par des grenades, font tout pour discréditer un mouvement social pacifiste et le réduire à une minorité de casseurs portés par « une haine anti-flic », qui auraient le feu vert de la CGT pour dégrader abribus, vitrines de banques ou d’hôpital pour enfants ? Un dialogue est-il encore possible alors que l’Élysée et Matignon à l’unisson dans une escalade sécuritaire, mélangeant terrorisme, lutte contre l’État islamique et bataille pour des droits sociaux, menacent d’interdire les futures manifestations au nom de « la sécurité des biens et des personnes » et de bafouer une liberté fondamentale, le droit de manifester ?

Un dialogue est-il encore possible quand le pouvoir en place nie la colère qui monte de la rue, des semaines de grèves et de blocages, et l’ampleur de la dernière manifestation du 14 juin, la plus importante depuis le début du mouvement il y a trois mois, à l’image de ce proche de François Hollande, qui moque les chiffres de l’intersyndicale et les quelque six kilomètres de cortège dans la capitale : « Un million de manifestants et pourquoi pas cinq ? Ils étaient 75 000 à Paris, si peu qu’on n’a vu que les casseurs, eux plus nombreux que dans les manifestations précédentes. On est loin des mobilisations contre le CPE en 2006 ou les retraites en 2010. »

Malgré tous les coups de matraque pris, la CGT croit au dialogue et même à la négociation, pari risqué en interne pour elle qui, depuis la fin mai, ne parle plus de retrait du texte, slogan pourtant toujours d’actualité dans ses rangs et dans les manifs. « Tout cela nous énerve. Nous devons passer notre temps à condamner ces accusations injustes et graves mais nous croyons au dialogue pour ramener à la raison ce gouvernement », assure Catherine Perret, qui suit le dossier pour la confédération. Elle dit que « ces attaques sont un bon signe », « le signe d’un gouvernement aux abois, d’un premier ministre fragilisé, au plus bas dans les sondages, qui n’a plus d’argument », et elle ajoute : « Après la stratégie du pourrissement, il tente l’isolement de la CGT, de tout mettre sur notre dos. Or nous sommes les premiers à condamner ces débordements qui desservent notre cause. Quant à la responsabilité du maintien de l'ordre et de la sécurité des manifestants, elle incombe aux pouvoirs publics. »

Ce vendredi matin, la CGT, qui avait coupé les ponts et pas mis les pieds au ministère depuis janvier (contrairement à Force Ouvrière qui n'a jamais rompu et qui a fait ses propositions pour sortir par le haut la semaine dernière), a donc revu la ministre du travail et déposé sur sa table ses « propositions revendicatives ». Soit la remise en cause totale de l’architecture qui fonde la réforme du code du travail voulue par l’exécutif. « La plupart des mesures sont portées soit par toutes les organisations présentes dans l’intersyndicale soit par quelques-unes, précise Catherine Perret. La remise en question de l’article 2 qui donne la primauté aux accords d’entreprises sur les branches et inverse la hiérarchie des normes est portée par tous, par exemple. Même par la CFE-CGC, le syndicat des cadres. Le gouvernement est isolé, seul avec une minorité syndicale, la CFDT. »

Retrait de l’article 2, de ceux consacrant les référendums d’entreprises, réformant la médecine du travail, de l’article 52 qui permettrait à Pôle Emploi de déduire directement des futures allocations-chômage les sommes versées à tort aux chômeurs, réécriture du chapitre sur les licenciements économiques, sur le mandatement syndical… Autant dire que le dialogue de sourds continue vu le cahier des charges de la CGT et la posture de fermeté dans laquelle le gouvernement s’est enferré. Si la ministre envoie des signes d’apaisement et d’ouverture, Manuel Valls les sabre aussitôt et clame son inflexibilité. « Chacun doit savoir que le gouvernement ne changera pas un texte qui est déjà le résultat d'un compromis avec les syndicats réformistes, il y a plusieurs mois », a-t-il répété mercredi sur France Inter. François Hollande est tout aussi tranché. « On est prêt à la discussion dès lors que ce qui fonde l’article 2 n’est pas remis en cause », appuie un conseiller à l’Élysée qui voit des « provocations » et non des « propositions » de la part de la CGT.

Le rendez-vous de ce vendredi a confirmé qu'aucun compromis ne se dessinait, qu'il serait même aussi improbable que des noces entre la CGT et la CFDT. Si l'échange, durant une heure trente, a été « constructif », « les désaccords se sont confirmés », a déclaré le numéro un de la CGT. « Nous n’avons pas trouvé de consensus, ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas s’écouter ou se parler », a renchéri la ministre du travail à la sortie de l'entretien. Tout en promettant « d'étudier » les propositions de la CGT au même titre que celles portées par les autres syndicats, elle a redit qu'il n'était pas question « de dénaturer la philosophie du texte ».

Il y a bien cet amendement Sirugue, du nom du député socialiste de Saône-et-Loire Christophe Sirugue, par ailleurs rapporteur de la loi. Invité sur La Chaîne parlementaire (LCP), mercredi 15 juin, ce dernier a jugé difficile de toucher à l’article 2, qui occupe une « place de symbole », mais il a pointé « d’autres articles qui parlent des branches professionnelles » et pourraient être un terrain d’entente une fois amendés, notamment, l’article 13. L’idée est celle qui avait été retoquée lors de l’examen de la loi par la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale : à savoir que les branches donnent un avis consultatif, entre la présentation d’un projet de nouvel accord par une entreprise et sa ratification par les syndicats. Impensable pour la CGT : « C’est un compromis vérolé, inefficace et impossible à mettre en place techniquement », balaie Catherine Perret. « Un avis, cela ne veut rien dire, ce n’est pas contraignant, donc cela ne nous va pas», abonde Philippe Martinez.

Autre revendication de l’intersyndicale, également portée par François Hommeril, le nouveau président de la confédération des cadres, qui a rejoint le camp des opposants fermes et définitifs à la loi sur le travail : la suspension du processus parlementaire après l’été, ce qui signifierait « plus de loi » vu l’échéance présidentielle qui approche. La ministre du travail leur a fait savoir qu'il n'en était pas question : « Ce n'est pas acceptable »« Et puis quoi encore ! », rigole à moitié un hollandais fidèle qui table sur l’essoufflement du mouvement avant les congés d’été – « La vérité, c’est que le mouvement s’est éteint. Les trains roulent, les ordures sont ramassées, il y a de l’essence dans les voitures, la France n’est pas bloquée. » Il a en tête une issue, « la plus probable à moins que les lignes ne bougent et que la CGT à la ligne illisible propose une base discutable » : le 49-3. « Il est prêt mais ce serait mieux si on pouvait l'éviter », dit-il.

« Ce serait suicidaire pour eux », réagit-on à la CGT où l’on assure que le mouvement ne s’essouffle pas même si les principaux blocages ont été levés, à la SNCF, dans les ports et raffineries, les centres de collecte et de traitement d’ordures ménagères, etc. « Dans des entreprises, des salariés continuent de se mettre en grève. Notre image n’a pas été ternie. Nous constatons une augmentation significative de la syndicalisation à la CGT depuis le début du mouvement dans des secteurs où nous n’étions pas forcément implantés et des sections entières de la CFDT qui rejoignent la CGT », raconte Catherine Perret sans pouvoir citer de chiffres ni d’exemples précis hormis des secteurs comme le commerce, la métallurgie. L’intersyndicale, qui demande depuis un mois à être reçue par François Hollande sans succès, a décidé de deux nouveaux « temps forts », le 23 juin, pendant l’examen du texte au Sénat, et le 28 juin, jour du vote du Sénat. Grèves, interpellations des parlementaires, rassemblements, manifestations… Les syndicats promettent plusieurs actions. Le 28 juin, ils remettront aussi les résultats de la votation citoyenne réalisée auprès des salariés dans les entreprises aux préfectures et à la présidence de la République. « Ils verront que personne ne veut de cette loi », assure la CGT.

Par Rachida El Azzouzi.

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