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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #ACTIONS

Les manifestations de jeudi ont donné lieu à de nouvelles violences policières. À Paris, au moins deux personnes ont été grièvement blessées à la tête. L'IGPN a été saisie de l'un des deux cas. La police des polices a aussi été saisie à Caen, où un jeune homme a été frappé au sol par des policiers. À Toulouse, la vidéo d'une jeune femme bousculée tourne en boucle sur les réseaux sociaux.

« Il n'y a aucune consigne de retenue, aucune consigne de ne pas interpeller, aucune consigne de ne pas aller jusqu'au bout pour ne pas appréhender les casseurs », avait martelé Manuel Valls, le 19 mai, chez RTL. On s’en doutait un peu. Jeudi, l’absence de « consignes de retenue » des forces de l’ordre s’est une nouvelle fois confirmée lors des manifestions contre la loi sur le travail.

Le jet, non réglementaire, d’une grenade de désencerclement par la police a fait un blessé grave, jeudi soir à Paris, près de la porte de Vincennes. Et de multiples charges ont été conduites place de la Nation, lieu d’arrivée de la manifestation, par les unités de CRS et de gendarmes mobiles. Selon un bilan obtenu par Mediapart, une quarantaine de personnes ont été blessées, et trois manifestants touchés par des tirs de Flash-Ball, dont un à la mâchoire.

À Caen, un manifestant a été roué de coups à terre. À Toulouse, des agents de la BAC ont interpellé une jeune fille en la tirant par sa queue-de-cheval, et une passante a été jetée à terre par un membre d’une compagnie d’intervention. Autant de pertes de contrôle, d’infractions à la déontologie.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, s’exprimant sur l’incident de la porte de Vincennes, a fait savoir qu’il venait de demander une enquête administrative afin d’établir les circonstances de l’usage de cette grenade. Le parquet de Paris a ouvert de son côté une enquête judiciaire qu’il a confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).

Plusieurs vidéos de l’incident de la porte de Vincennes permettent de reconstituer précisément les circonstances de l’usage de sa grenade par le policier, ainsi que son geste, qui a conduit à faire rouler la grenade dans les pieds des personnes attroupées, à l’angle du cours de Vincennes et de la rue du Général-Niessel. Sur ces vidéos, on voit cinq fonctionnaires en uniforme noir, des compagnies de sécurisation et d’intervention (CSI), longer un muret et s’engouffrer dans un jardinet. À cet endroit, un groupe de policiers s’était déjà mis à l’abri après avoir interpellé un lycéen dans un bus, au moment où des manifestants de Solidaires se dispersaient sur le cours de Vincennes.

S’ils étaient en présence d’une foule mécontente mêlée à de nombreux journalistes, les policiers ne subissaient aucune violence, ni jet de projectile. « Ils n’étaient pas attaqués, ni encerclés, analyse le journaliste Gaspard Glanz, de l’agence Taranis News, qui a mis en ligne l’une des vidéos. Et surtout, il lance la grenade sans regarder où il la lance. La victime l’a donc prise à la tête à un mètre de distance. »

 

 

Selon un témoignage recueilli par Mediapart, parmi la centaine de personnes qui se trouvaient sur place, il n’y avait pas de manifestants masqués prêts à en découdre mais de simples manifestants qui criaient « Libérez nos camarades ! ». « La foule n’était pas du tout hostile », insiste ce jeune homme qui a souhaité rester anonyme. Selon son récit, tout a commencé place de la Nation au moment de la dispersion. Les manifestants sont sortis du côté du cours de Vincennes; or les policiers, qui venaient de procéder à une interpellation sur la place, détenaient la personne arrêtée dans un camion juste après la sortie. « Du coup, les gens sont restés ici en demandant sa libération », indique notre source. « Une rumeur a voulu que ce soit un membre de Solidaires, donc, quand les membres de ce syndicat sont arrivés à leur tour, ils sont aussi restés. »

La police a alors repoussé tout le monde vers le cours de Vincennes, créant de facto une manifestation sauvage. Des camions des forces de l’ordre ont alors devancé ce groupe de manifestants pour l’arrêter, procédant dans la foulée à une arrestation avant de se réfugier dans un immeuble. L'état de santé du jeune homme blessé à la tête n'était pas stabilisé samedi matin, selon des informations du Monde. Le jeune homme n'a pas pu être entendu par des enquêteurs. 

Gaspard Glanz a filmé, jeudi, d’autres personnes blessées aux jambes place de la Nation par des éclats métalliques de grenade. « Ce sont des grenades explosives de vieille génération, poursuit-il. Elles ont été utilisées à Strasbourg ou à Sivens. Leur tube est entouré d’une couche de plastique et de métal, et leurs éclats percent et s’incrustent sous la peau. »

Plus d’une quarantaine de personnes ont dû être soignées à Paris tout au long du cortège, en particulier place de la Nation. Selon diverses sources, quatre personnes ont souffert en raison de grenades de désencerclement, sans compter les deux personnes blessées à la tempe, la première à Nation, la seconde cours de Vincennes. Trois personnes ont par ailleurs été blessées par des tirs de LBD, deux à l’abdomen et une à la mâchoire. « Certaines personnes avaient de véritables trous assez profonds, et non pas de simples plaies », nous indique une personne témoin de ces incidents.

Les stratégies du maintien de l’ordre ont varié lors de la manifestation parisienne. La présence policière a en effet été limitée le long du cortège, malgré l’assaut de certaines vitrines, mais elle a été renforcée à l’arrivée, place de la Nation. Des unités de CRS, des gendarmes mobiles et des compagnies de sécurisation et d’intervention (CSI) ont multiplié les charges sans coordination apparente. « Les CSI sont utilisées pour les violences urbaines, dans les quartiers, explique un fonctionnaire. Ils ont fait du “rentre-dedans”. Il y a eu visiblement des bisbilles entre policiers et gendarmes. » La place de la Nation avait été coupée en deux, et fermée sur les avenues en direction de République, formant une « espèce d’entonnoir ». Police et gendarmes ont fait des charges multiples, par petits groupes, pour interpeller ou simplement disperser les manifestants sur la place (voir ici la vidéo de Taranis News sur les incidents place de la Nation).

Plus tôt, la tentative de sortie de la tête du cortège vers la rue de Chaligny a donné lieu aux premières charges. « Ils ont nassé les manifestants rue de Chaligny, puis ils ont comprimé la nasse et ils ont gazé, c’est non réglementaire ça, c’est de la torture », commente un journaliste lui aussi bloqué. « Ils ont été surpris quand les types sont allés rue de Chaligny, analyse un fonctionnaire. Ils ont essayé de les bloquer et ils se sont aperçus qu’ils n’avaient pas les moyens de gérer la suite. » Un autre incident a fait frémir les témoins, et manifestants, cour Saint-Éloi. « Un flic s’est fait repérer, il n’a pas hésité à sortir son revolver, soupire un fonctionnaire. On est passé à deux doigts de la bavure. » 

La situation était également tendue en province. À Toulouse, une vidéo a largement circulé vendredi, dans laquelle on voit une jeune femme malmenée par un CRS.

À Caen, l’IGPN a été saisie vendredi après qu’une plainte a été déposée pour « violences commises par une personne chargée de mission de service public ». Lors d’une charge des forces de l’ordre, un homme a été frappé à plusieurs reprises alors qu’il se trouvait à terre. La scène se passe place Gardin et a été filmée.

À Lyon, selon le récit du site Rebellyon, une cinquantaine de personnes ont été blessées au moment de la dispersion place Bellecour. Pendant la manifestation, plus tôt dans la journée, le site signale « au moins une personne blessée par Flash-Ball à la Guillotière, en pleine tête, et un autre aux jambes place du Pont. D’autres personnes blessées par des grenades de désencerclement tirées en masse ».

 

 Par Karl Laske et christophe Gueugneau avec MEDIAPART.

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