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citoyen18.overblog.com

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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Economie

Le patron de PSA Peugeot Citroën a doublé sa rémunération en 2015. Comme d’habitude, tout le monde y va de son commentaire : « C’est indécent », dit d’abord le gouvernement. Mais il corrige aussitôt : la réponse n’est pas la loi. « La priorité, c’est de renvoyer à la responsabilité individuelle », souligne Emmanuel Macron. Chiche…

L’affaire Tavares n’est que la suite d’une série permanente. Déjà en 1989, et déjà chez Peugeot, le PDG, Jacques Calvet, était accusé d’avoir bénéficié d’une augmentation de 46 % de son salaire. À l’époque, cette rémunération était 30 fois supérieure à celle du salaire moyen de l’entreprise. Aujourd’hui, de scandale en scandale, et d’appel à l’exemplarité en injonction de modération, Carlos Tavares vaut deux cents fois le salarié de son entreprise…

On a connu en 2000 le départ de Philippe Jaffré, chez Elf, 240 millions de francs ; celui de Jean-Marie Messier en 2002, chez Vivendi, plus de 20 millions d’euros ; de Daniel Bernard chez Carrefour, 9,8 millions d’euros et 29 millions provisionnés pour sa retraite ; d’Antoine Zacharias, viré de chez Vinci avec 12,9 millions d’euros en 2006 ainsi que 2,2 millions de retraite annuelle, et qui réclamait 81 millions d’indemnités. Quand il a laissé la place à Carlos Tavares, dans un PSA en grande difficulté, Philippe Varin a touché une retraite chapeau de 21 millions d’euros, tandis que chez Sanofi Christophe Viehbacher quittait l’entreprise en difficulté avec 4 millions, et que son successeur Olivier Brandicourt recevait la même somme en guise de « bienvenue ». Thierry Morin chez Valeo, Franck Esser chez SFR, Jean Azema chez Groupama, Denis Hennequin chez Accor, la liste est incomplète, et n’est pas close…

 

Carlos Tavares lors de la présentation des résultats 2015 de PSA, en février. © Reuters Carlos Tavares lors de la présentation des résultats 2015 de PSA, en février. © Reuters

 

Les cas sont variés : rémunération, stock-option, retraite chapeau, golden hello, parachute doré, le point commun est la somme extraordinaire chaque fois en jeu, et la nature des commentaires suscités par ces chiffres. Toujours les mêmes. Dans un premier temps, c’est la stupeur affichée, l’étonnement, la gêne voire la condamnation, et périodiquement, côté gouvernement, la menace de légiférer. Puis dans un second temps l’affaire est renvoyée à l’envoyeur, à qui l’on confie la tâche de modération, d’autorégulation, au nom de la « responsabilité individuelle ».

Cette manière de régler un désaccord public, voire une situation socialement conflictuelle, en laissant aux parties le soin d’être les meilleurs juges, et de choisir la réponse la plus adaptée, est devenue un mode de fonctionnement. Un choix politique. Une philosophie sociale. Comme l’a également précisé le ministre de l’économie ce mercredi dans le journal Le Parisien : « La responsabilité et l’éthique ne se règlent pas par la loi. »

Rapportons donc cette réponse à l’ensemble de la société.

Les hôpitaux de Paris sont confrontés à une question de temps de travail ? Pas de problème ! Que les salariés, un par un, en leur for intérieur et leur sens de l’exemplarité, décident de limiter leurs RTT ou d’en prendre davantage. « La responsabilité ne se règle pas par la loi »

Les retraites sont bloquées depuis plusieurs années ? Que les intéressés, en conscience, décident de maintenir le blocage ou d’augmenter les pensions, puisque « la responsabilité et l’éthique, etc. etc. ».

Le code du travail est-il trop rigide ? Les difficultés trop grandes lors d’un licenciement ? Laissons aux salariés concernés la responsabilité de décider, en conscience, s’ils doivent partir ou pas, et dans quelles conditions…

Certains bénéficiaires du RSA abusent-ils des aides sociales ? Appelons-les à réfléchir, et laissons-les dire ensuite s’ils doivent modérer leurs allocations, ou les doubler. Légiférer n’aurait pas de sens.

Faut-il réduire la durée d’indemnisation du chômage ? Là encore, l’idéal est d’appliquer la jurisprudence Tavares. La ministre du travail doit s’adresser à chacun d’eux, de manière ferme, sans langue de bois, et leur demander de choisir. Toucher moins ou toucher plus et plus longtemps, c’est à eux de décider.

Être juge et partie, voilà la bonne réponse. La réponse adaptée au XXIe siècle. Étendue à toute la société et non plus réservée à une caste de très hauts dirigeants, elle permettrait d’en finir une fois pour toutes avec le scandale périodique qui secoue le patronat. Accessoirement, elle apaiserait aussi les scandales politiques. N’aurait-il pas été plus judicieux de demander à Nicolas Sarkozy, plutôt qu’à la Cour de cassation, si les enregistrements de Paul Bismuth étaient valides ou pas ?

L’éthique ne se réglant pas par la loi, l’ancien président aurait à coup sûr répondu en conscience. Qu’aurait-il décidé ? Ça, nous ne le saurons jamais ! Pas plus que nous ne pouvons prévoir si désormais les PDG du CAC40 réduiront leurs salaires ou les augmenteront encore. 

Par Hubert Huertas

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