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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #ACTIONS
Quand l'oligarchie s'inquiète, elle fait donner ses chiens de garde...cette fois contre Frédéric Lordon Vouloir changer de société, ça la bourgeoisie ne le pardonne pas.
Elle se déchaine...  Quand Frédéric Lordon dévoile l'inquiétant projet de "Nuit debout".
Contrairement à ce que ses organisateurs tentent de faire croire, le mouvement Nuit debout dispose d'un vrai projet politique, dévoilé la semaine passée par l'économiste souverainiste Frédéric Lordon. Qui se comporte en maître-à-penser.

Avec l’économiste Frédéric Lordon, Nuit debout a renouvelé le genre ancien du culte de la personnalité. On n’avait pas vu cela depuis les années Mao et révolution culturelle. La dernière apparition du maitre à penser du mouvement en atteste. Nous sommes mercredi soir, à la Bourse du travail, et pour la troisième fois le guide Lordon apparait à ses disciples. Signe qu’il n’est pas un Nuit debout comme les autres, il exige de disposer d’une chaise afin de pouvoir livrer sa parole aux fidèles assemblés à la Bourse du travail. Les disciples s’empressent d’obéir. Vite une chaise pour Lordon ! La règle commune, on parle debout à Nuit debout, souffre d’une exception pour l’universitaire charismatique. Privilège assumé d’autorité : "Je suis le représentant du courant l’université assise".

A Nuit debout, tout le monde est à égalité mais Lordon est plus égal que les autres. En chaise à défaut d’être en chaire.

Sont rassemblés là, face au guide, les têtes pensantes de Nuit debout, les éléments les plus actifs et militants, les permanents de la place de la République. C'est une minute de vérité. Il faut voir et revoir cette intervention de 11 minutes, parce qu’elle livre la vérité sur Nuit debout. Qui le pense. Qui l’organise. Qui le manipule.

Et Lordon de dénoncer la secte malfaisante, celle de la "chefferie éditocratique"

Dans un premier temps, Lordon désigne l’ennemi. Les médias et la presse. Non pas les "journalistes de terrains, jeunes et précarisés" qui se reconnaissent en Nuit debout (pas fou Lordon) mais "la chefferie éditocratique" qui "confisque la parole autorisée". Lordon met ses troupes en garde. La "chefferie éditocratique" veut pousser Nuit debout à débattre dans un cadre démocratique, afin d’imposer encore et encore "le citoyennisme intransitif, qui débat pour débattre, mais ne tranche rien, ne clive rien, et est conçu pour que rien n’en sorte". Lordon tranche, il faut refuser cette démocratie "All inclusive".

A Nuit debout, on ne débat pas, on combat. Pour Lordon, le débat démocratique, c’est l’impasse qu’entendent imposer "la secte malfaisante, la secte de l’oligarchie néolibérale intégrée", celle des "médias organiques de l’ordre social".

Et Lordon de justifier l’intimidation physique infligée à Alain Finkielkraut, l’ennemi suprême : "Nous voilà sommés d’être inclusifs, violence du capital et violence identitaire raciste, violence dont Finkielkraut est peut-être le propagateur le plus notoire". Et de réitérer le refus de la confrontation avec l’ennemi désigné : "Ces médias nous demandent d’accueillir Finkielkraut et bien non ! Pas d’animation citoyenne all inclusive comme le voudraient Laurent Joffrin et Najat VallaudBelkacem !" Et de conclure avec des mots lourds de sens : "nous ne sommes pas ici pour être amis avec tout le monde, et nous n’apportons pas la paix, nous n’avons aucun projet d’unanimité démocratique".

Convenons que Lordon est cohérent. Et transparent. Le voici qui précise ensuite comment Nuit debout doit désormais mener le combat, hors du champ démocratique.

D’abord en dépassant le cadre revendicatif traditionnel des luttes sociales, qui n’est pas révolutionnaire : "Revendiquer est une nécessité, parfois même vitale", mais de portée limitée, "ceci n’aura pas de sens tant que nous ne mettrons pas en question les structures du néolibéralisme". En vérité, Lordon veut casser le cadre dans lequel évolue les rapports de forces entre partenaires sociaux : "S’il n’y a plus d’alternative dans le cadre, il y a toujours possibilité de refaire le cadre. C’est de la politique, pas du revendicatif. On chasse les gardiens du cadre".

Une fois le but assigné, Lordon passe à la méthode, celle "des grains de sable" : "Il faut mettre des grains de sable partout" lance-t-il, illustrant cette stratégie à l’aide d’exemples concrets : "C’est débouler dans une réunion d’Anne Hidalgo, c’est débouler dans la conférence d’une association d’étudiants à l’ESCP qui invite Florian Philippot". Et de scander : "C’est faire dérailler le cours normal des choses, les harceler, leur ôter toute tranquillité !"

Et Lordon de compléter le cours de méthode : grâce à la stratégie des "grains de sable", s’opérera "la jonction",  soit la coagulation du "militantisme de centre-ville, des classes ouvrières et de la jeunesse ségrégée des quartiers", et "cette force sera irrésistible". Constituée, elle se lancera à l’assaut du "cadre à refaire", notamment "les traités assassins, les traités européens et le TAFTA". Lordon fait dans le prophétique, qui ne cache pas à ses ouailles que "La nuit debout, la grève générale, la république sociale, c’est loin".

Et voilà.

Nuit debout a bien une feuille de route, tracée par un chef

Mercredi dernier, le rideau Nuit debout s’est déchiré. En réalité, l’évènement initié par François Ruffin et ses camarades dispose d’un cerveau qui montre le chemin, établit la feuille de route et fournit le prêt-à-penser des objectifs et de la méthode.

Nuit debout est bel et bien pensé, monté et organisé par des professionnels de la politique. Révisons notre Lénine. Là où il y a organisation, il y a direction. Là où il y a direction, il y a guide. Et ce guide, c’est Frédéric Lordon, dont les interventions savamment mises en scène le hissent au-dessus du bruit médiatique. A Nuit debout, tout le monde parle, mais on entend que Lordon. Rassurons Emmanuel Todd, qui s’inquiétait de l’avenir du mouvement "Pas de révolution sans organisation", l’organisation de Nuit debout, pour qui veut bien la voir, est bien là. Présente. Active. Et menaçante.

Relisons bien Lordon, et méditons. Le sous-texte de son intervention, applaudie à tout rompre, est empreint de sentiments qui ont peu à voir avec la gauche de Jaurès ou Blum. Refus du débat démocratique organisé. Haine de l’Europe du libre-échange. Promotion du populisme souverainiste. Négation de la liberté de la presse. Rejet de l’autre à raison de sa différence de pensée. Appel à des perturbations de réunions publiques…  Est-ce vraiment un programme politique destiné à libérer les opprimés ? A apaiser le pays ? A libérer les consciences ? Osons la question : s'il se trouve des esprits pour passer à l'acte selon les préceptes de Lordon, quelle sera l'étendue des dégâts à constater ?

Le Nuit debout de Lordon est bien loin de la vision idyllique que certains politologues tentent d’imposer, à l’image de Gaël Brustier déclarant (sans rire) au Figaro : "Il y a plutôt une forme de joie de vivre Place de la République… qui tranche justement avec la hantise du déclin commune à nos sociétés". Cet éclairage fait honneur à la politologie contemporaine. Ainsi, quand Lordon déclare : "Nous n’apportons pas la paix" et "nous n’avons aucun projet d’unanimité démocratique", il est le Charles Trenet de Nuit debout chantant "Y a de la joie". C’est tellement évident. Nuit debout, c’est fun. La politologie est (aussi) devenue un sport de combat.

Par: Jean Lévy.

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