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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #ACTIONS

Où va la CGT?  Dans le mur ou vers la victoire?  Le chargé du suivi de la loi sur le travail au sein du syndicat répond au pouvoir. « Je ne supporte pas la stratégie de certains leaders CGT radicaux », a dit Myriam El Khomri sur France Bleu Provence, mardi matin, « stratégie portée par une minorité », a renchéri le président de la République sur France Culture. Une partie des médias leur a emboîté le pas, se demandant avec effroi jusqu’où la CGT peut aller, alors même que raffineries et centrales entrent les unes après les autres dans la grève.

Le syndicat, toujours première organisation syndicale du pays, renvoie inlassablement le gouvernement à son propre échec, un 49-3 sur la dernière grande loi sociale du quinquennat, et assure que la grève va s’étendre au-delà des bastions traditionnels. Fabrice Angeï, chargé du dossier « loi Travail » au sein du bureau national de la CGT, revient pour Mediapart sur les risques pour son organisation d’un tel durcissement, les conditions de la votation citoyenne lancée par l’intersyndicale mardi, et enfin l’écho que trouve la mobilisation française à l'étranger. Il met aussi en garde l'exécutif : « Bien sûr qu’on ne sort pas indemne d’un tel rapport de force, mais ça vaut aussi pour le gouvernement. »

Le gouvernement met clairement en scène un affrontement privilégié entre la CGT et lui. Vous seriez « radicaux » et « inconscients », bientôt responsables des chiffres du chômage, selon Stéphane Le Foll. Comment analysez cette tension et que répondez-vous à la critique principale qui vous est adressée, celle d’être minoritaire dans votre positionnement pour une grève dure ?

Fabrice Angeï. D’abord, il faut remettre quelques pendules à l’heure : la CGT est vilipendée, montrée du doigt, mais nous avons aussi été force de proposition, en sortant un code du travail du XXIe siècle, une proposition que l’on a souhaité mettre en discussion mais que le gouvernement n’a jamais voulu examiner. Au contraire, il est passé en force sur un texte qui a contre lui la majorité des salariés et contesté par la majorité des citoyens, en passant par le 49-3.

Myriam El Khomri dit aussi que Philippe Martinez, secrétaire national, a refusé de la rencontrer, ce qui ne jouerait pas en faveur du dialogue que vous évoquez…

Ce n’est pas vrai. Par contre, le projet de loi a bien été déposé sans avoir été discuté et là-dessus, la position des syndicats est unanime. Aujourd’hui, nous demandons simplement que des négociations s’ouvrent non pas sur des « amendements », mais sur tout à fait d’autres bases. Cela dit, il n’est pas question non plus d’un statut quo ou du retrait « point barre », mais bien de discuter d’un autre texte.

Donc si la ministre dit « stop », et ouvre un round de négociation sur un nouveau projet de loi, vous êtes partant ?

Oui, mais je n’entends pas trop la ministre là-dessus, ni ne vois des actes dans ce sens. Revenons sur le fait d’être minoritaire : cette mobilisation est soutenue par les salariés et les citoyens, on ne cesse de le répéter. Ensuite, l’arrêt du travail, si on prend l’exemple des raffineries, est décidé par les salariés, par des votes qui regroupent en général les trois équipes, du jour, du soir, de la nuit, pour une industrie qui tourne en 3×8. Les minoritaires sont en réalité au gouvernement, avec un ministre de l’économie, un premier ministre et un président qui sont en concurrence et sur la ligne de départ pour 2017 et jouent la surenchère au détriment de leur population. Et puis on oublie de dire que plusieurs secteurs appellent à la grève (voir les blocage d'entrepôts d'Amazon), à l’appel de plusieurs organisations syndicales différentes. Avec le soutien d’organisations syndicales européennes, qui ont elles-mêmes vécu des transformations du marché du travail, et nous renseignent sur l’accroissement de la pauvreté et de la précarité.

Lesquelles ?

Des syndicats allemands, belges, italiens… Je rappelle également qu’il y a depuis quelques jours une grève en Belgique et qu’une grande manifestation a eu lieu mardi, contre la réforme du marché du travail, qui s’appelle la loi Peeters, et l’ensemble des organisations syndicales étaient présentes. Vous changez Peeters par El Khomri et on y est : il s’agit donc bien d’une action concertée, au niveau national et européen, pour plus de dumping social et de mise en concurrence des salariés.  

Néanmoins, en France, la mayonnaise prend pour le moment dans les grands bastions CGT que sont la chimie, les portuaires, la raffinerie, les cheminots… Des secteurs où l’industrie fonctionne encore avec de grands corps ouvriers. Au-delà, il y a un certain nombre d’entreprises où la grève n’est pas un sujet. Surenchère gouvernementale ou pas, est-ce que cela ne dévoile pas les limites de votre organisation et de votre stratégie ?

Là où nous sommes au contact des salariés, le texte de loi est plus facile à expliquer et les actions plus faciles à mener, c'est sûr. Mais là encore, il faut entendre les retours du terrain : quand on sait que 40 % des salariés disent avoir peur de se syndiquer en prévision des mesures de rétorsion ou de répression, tout concourt à une telle situation. Ensuite, il y a aussi tout ce qu’on ne voit pas, les entreprises où il n’y a pas de représentation syndicale, qui se sont pourtant mises en grève. Des cadres qui appellent l’Ugict, l’organisation CGT qui leur est dédiée, pour demander comment on se met en grève, selon quelles modalités… On observe, dans les entreprises lors des journées de mobilisation, des prises de RTT ou de congés pour venir manifester. Au bout du compte, comment fait-on pour comptabiliser tout ça, tout ce qui est petit et peu visible par vous les médias ? Enfin, quand on a une pétition qui a recueilli plus de 1 million de signatures, c’est un vrai signal sur le fond, qui n’est pas non plus pris en compte. C’est pour toutes ces raisons que l’intersyndicale va organiser prochainement une votation citoyenne, afin de permettre à l’ensemble des salariés, que l’on soit présent ou pas dans les entreprises, de s’exprimer.

Cette votation veut-elle dire que vous prenez acte du fait que vous devez faire valider votre position ?

Non, cela veut plutôt dire qu’il y a une expression majoritaire contre ce projet de loi qui n’est pas entendue. On veut donc la matérialiser, contrairement au gouvernement qui n’a pas fait voter le projet de loi et qui a utilisé le 49-3. On va faire voter dans les entreprises, les associations de retraités ou des privés d’emploi pour démontrer que les salariés rejettent ce projet, toujours dans cette idée de maintenir la pression et d’élargir au maximum le mouvement. À moins que le gouvernement ne choisisse la sagesse et ne retire le texte.

Quelles vont être les modalités d’une telle votation ?

Une profession de foi, un vote, des urnes, dans les entreprises, tout cela contrôlé par les organisations syndicales, comme on l’avait fait pour la votation sur La Poste. Jeudi 26 mai, l’intersyndicale doit valider l’argumentaire puisqu’il ne s’agit pas seulement de la CGT dans cette histoire, contrairement à ce qui se raconte. Ensuite, on pourra lancer très vite la votation, afin d’avoir des résultats significatifs pour la prochaine journée de mobilisation, le 14 juin.

Par:Mathilde Goanec et MEDIAPART.

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