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citoyen18.overblog.com

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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Politique

Un peu partout en France, des manifestants se disent victimes de violences policières. Des vidéos et photos font le tour des réseaux sociaux mais, pour l'heure, les autorités ne voient pas d'augmentation des dérapages des forces de l'ordre. De leur côté, les policiers ne veulent plus être assimilés… à des défenseurs de la loi El Khomri.

Depuis un an et demi, la population et les forces de l’ordre jouent à « Je t’aime, moi non plus ». En novembre 2014, après la mort de Rémi Fraisse, tué par une grenade lancée sur la Zad de Sivens, les gendarmes étaient vilipendés. En janvier 2015, des haies d’honneur et des concerts d’applaudissement accompagnaient militaires et policiers qui avaient mis hors d’état de nuire les assassins de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher et qui, eux aussi, avaient été victimes de la furie terroriste. Samedi dernier, le syndicat Info'Com de la CGT, représentant des salariés du monde de l'information et de la communication, a publié sur son site une affiche sur laquelle on peut voir une matraque et un insigne de CRS près d'une flaque de sang avec le titre suivant : « La police doit protéger les citoyens, non les frapper ».

Ce visuel, qui fait référence aux violences policières commises contre des jeunes pendant les manifestations contre le projet de loi sur le travail, a suscité l’indignation de Bernard Cazeneuve. Le ministre de l’intérieur a dénoncé une campagne « choquante » qui met « gravement en cause la police nationale » tandis que le syndicat SCSI-CFDT (majoritaire chez les officiers de police) s’insurge contre « une affiche de la honte », « une injure aux milliers de policiers et gendarmes blessés dans l'exercice de leur fonction ». Synergie, autre syndicat d’officiers, a demandé au ministère de l'intérieur de déposer plainte, évoquant un « appel abject à la haine » et à la « violence » contre les forces de l’ordre.

Côté manifestants, la tension est, elle, à son comble depuis la diffusion d’une vidéo dans laquelle un policier assenait, en marge d’une manifestation contre le projet de loi sur le travail le 24 mars, un coup de poing à un lycéen de l’établissement parisien Henri-Bergson. L’auteur, un gardien de la paix de 26 ans, sera jugé en mai pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » sur le lycéen de 15 ans. Il avait été placé en garde à vue à l’Inspection générale de la police judiciaire (IGPN), la “police des polices”.


Mais le mal est fait, la rupture consommée. Surtout que la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) relaie une seconde vidéo de violences policières aux abords du lycée et que, dans la foulée, les réseaux sociaux et les médias se font l’écho d’autres incidents. Des sites militants, comme Rebellyon et Paris-luttes.info, recensent même les dérapages policiers et donnent des conseils à ceux qui sont accusés, à leur tour, d’avoir agressé des représentants des forces de l’ordre.

 

Au fil des manifestations, Mediapart a recueilli plusieurs témoignages faisant état de comportements exorbitants du traditionnel maintien de l’ordre. Ainsi, Félix, un lycéen parisien qui nous assure n’avoir, au début, eu « aucune hostilité vis-à-vis des forces de l’ordre » et qui raconte s’« être fait matraquer dans le dos », décrit le comportement d’« enragés » des CRS.

 

Manifestation parisienne du 17 avril 2016. © Jérôme Chobeaux Manifestation parisienne du 17 avril 2016. © Jérôme Chobeaux

 

La ville de Rennes a également été le théâtre de nombreux incidents. Ainsi, les manifestations du 31 mars et du 9 avril ont donné lieu, selon les syndicats, à des réactions totalement disproportionnées des forces de l’ordre. « Près de 1 000 grenades lacrymogènes ont été lancées à l’encontre des manifestants et même des passants, dans le but d’interdire l’accès du centre-ville aux manifestants. Les gardes mobiles ont fait un usage immodéré et dangereux de tirs de Flash-ball. Des grenades assourdissantes ont été utilisées également », dénonce la CGT d’Ille-et-Vilaine. Un constat partagé par Sud-Santé Rennes. Les deux organisations représentatives appellent d'ailleurs à un rassemblement contre les violences policières, vendredi 22 avril, à 13 heures 30, devant le parvis de la cité judiciaire.

Une dizaine de manifestants passent pour leur part en jugement au tribunal correctionnel pour avoir, le 31 mars, « participé à un attroupement armé » et « jeté des projectiles sur les forces de l’ordre », dont un syndicaliste de 60 ans qui affirme, vidéo à l’appui, être tombé dans sa fuite, un drapeau de Sud-Santé à la main, et avoir alors reçu à terre plusieurs coups de la part de policiers en train de charger dans la rue.

À la suite d’une manifestation le 9 avril, un couple de manifestants s’est vu prescrire l’un 90 jours d’incapacité totale de travail (ITT), l’autre 21 jours. « On rejoignait le cortège des manifestants vers la place de Bretagne, à Rennes, samedi vers 14 h, quand des CRS nous sont tombés dessus au niveau des Arcades de République. Il n'y avait personne autour. Les CRS étaient quatre ou cinq, ils nous ont séparés puis frappés en nous insultant », raconte le jeune couple, qui s’est confié à Ouest-France.

Les tensions entre manifestants et policiers sont si récurrentes depuis le début du mouvement contre le projet de loi sur le travail que se pose la question d’une volonté délibérée de laisser dégénérer chacune des manifestations. Par exemple, le 14 avril, le départ d'un cortège parisien avait été fixé à place Stalingrad, dans le XIXe arrondissement. Les lycéens se sont donné rendez-vous un peu plus tôt dans la matinée. Le groupe de 150 jeunes a été encerclé, « nassé », empêché de s’engager sur l’avenue Jean-Jaurès pour rejoindre le reste du cortège et ainsi permettre à la manifestation de débuter. Dans l’intervalle, les échanges ont été violents. Des manifestants hurlaient « Libérez nos camarades ». Au moindre mouvement, les CRS ont chargé, matraqué et gazé les jeunes gens bloqués. Des projectiles, bouteilles, pavés ou même des chaises prises sur les terrasses de café attenantes, ont été lancés sur les forces de l’ordre par des manifestants visiblement excédés.

 

A Paris, le 14 avril. © Jérôme Chobeaux A Paris, le 14 avril. © Jérôme Chobeaux

Durant cette manifestation, modeste en terme de participation, deux cordons de CRS encercleront le cortège, empêchant d’y entrer ou d’en sortir. À l’origine, les organisations, surtout étudiantes et lycéennes, avaient déposé en préfecture comme parcours Stalingrad-Bastille. Un peu avant d’arriver sur la place de la République, la foule stationne. Arrivée sur la place, sans même comprendre pourquoi, la manifestation est dispersée à coup de grenades lacrymogènes et de grenades de désencerclement. La foule suffoque, la place se couvre d’un nuage gris, la majorité parvient à se replier sur les rues adjacentes. Les manifestants se soulagent les yeux à coup de sérum physiologique que les militants de la CGT distribuent aux moins prévoyants.

Pauline, 20 ans, étudiante en licence Sciences Po-histoire, s’est greffée à la manifestation au point d’arrivée à République. De loin, la jeune fille dit avoir cru à « une manifestation de CRS ». Cette présence policière l’angoisse. Le caractère aléatoire des charges aussi : « Ils peuvent décider que ma tête ne leur revient pas. Au départ je pensais que je ne risquais rien car je ne les provoquais pas. Mais en fait ça ne change rien. »

Par Matthieu Suc et La rédaction de Mediapart

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