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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Syndicats

La CGT tiendra son 51e congrès du 18 au 22 avril, sur fond de lutte contre la loi travail. L’« HD » a rencontré son secrétaire général, Philippe Martinez. Répondant aux attaques antisyndicales du MEDEF, il appelle à poursuivre la mobilisation dans la rue et interpelle les députés. Le secrétaire général réaffirme aussi sa conception d’un syndicalisme de transformation sociale et fait des 32 heures un antidote au chômage.

HD. « Tant qu'on aura des syndicats comme la CGT et FO, politisés et obnubilés par la lutte des classes, on n'en sortira pas. » La phrase est signée Pierre Gattaz (« le Figaro » du 11 avril). Qu'en pensez-vous ?

PHILIPPE MARTINEZ. Je pense que Pierre Gattaz ferait mieux de s'occuper des entreprises qui pratiquent l'évasion fiscale et cachent leur argent au Panama ou de la rémunération honteuse d'un certain nombre de PDG du CAC 40... Il serait bien plus efficace. Et on poserait la question de la lutte des classes en d'autres termes.

HD. Vous faites référence aux Panama Papers : que vous inspire cette fuite colossale d'informations, qui confirme une réalité connue ?

P. M. Cela fait des années, en effet, que tout cela est connu et que les responsables politiques ne font rien. Pourtant, le discours du Bourget du candidat François Hollande promettait justement de lutter contre la finance dérégulée, mais le gouvernement a préféré fermer les yeux. Pour s'attaquer au problème à la racine, il faudrait commencer par faire pression sur les États qui favorisent l'évasion fiscale. Il faudrait aussi renforcer le nombre de fonctionnaires du ministère de l'Économie chargés de la lutte contre la fraude. La réalité montre que ces effectifs font aujourd'hui cruellement défaut.

HD. Le projet de loi El Khomri qui vient de sortir de la commission des Affaires sociales est encore plus « dur » qu'au départ, notamment en ce qui concerne la définition des licenciements économiques (lire page 18). Quel lobbying comptez-vous mener auprès des députés pour inverser la tendance ?

P. M. Avec six autres organisations syndicales, nous avons adressé un courrier commun à l'ensemble des députés pour réclamer le retrait de cette loi. Nous avons également demandé à rencontrer les élus, dans chaque circonscription, pour leur expliquer la réalité des entreprises, à travers des cas concrets. Bien souvent, les députés sont déconnectés de ce que vivent vraiment les salariés sur le terrain.
Certains exemples sont extrêmement parlants. Un reportage télévisé mentionnait le cas d'une entreprise de cartons dans la Sarthe, qui a fermé en laissant 40 salariés sur le carreau. La direction mettait en avant de prétendues difficultés économiques, mais le reportage démontrait que le patron avait dissimulé 20 millions d'euros dans un paradis fiscal. C'est cela, la réalité des entreprises. Les députés devraient partir de cette réalité, et non des jérémiades des dirigeants patronaux.

HD. Lors de la dernière mobilisation du samedi 9 avril, vous annoncez entre 450 000 et 500 000 manifestants. C'est moitié moins que la journée du 31 mars : faut-il y voir un essoufflement ?

P. M. L'objectif du 9 avril était surtout d'élargir la mobilisation, en faisant venir des salariés qui n'ont pas l'habitude de descendre dans les rues. Les gens sont venus en famille, parce que c'était le week-end. En cela, je considère que cette journée était une réussite. Ce n'est en aucun cas un « baroud d'honneur », puisque nous avons déjà une nouvelle mobilisation en perspective, le 28 avril prochain.

HD. Cela sera-t-il suffisant ? Les manifestations s'enchaînent, mais pour l'instant, le gouvernement n'a reculé qu'à la marge.

P. M. Le gouvernement tente de trouver des solutions pour calmer la contestation. C'est d'ailleurs la mobilisation qui a contraint le premier ministre à entendre les revendications des jeunes et à faire des propositions. Malgré tout, restons lucides : ces annonces ne répondent en rien à notre revendication majeure, qui est le retrait du texte. Nous rejetons le coeur même de la loi travail, c'est-à-dire cette volonté de créer un Code du travail différencié selon les entreprises.

HD. Les mobilisations ont été émaillées de heurts entre la police et les manifestants. Comment l'expliquez-vous ? Certains syndicalistes accusent la police de jeter de l'huile sur le feu...

P. M. La venue de « casseurs » à desmanifestations n'est pas un phénomène nouveau. Cependant, ce qui me frappe, c'est la virulence des policiers à l'égard de l'ensemble des manifestants.
J'ai l'impression que les casseurs ne sont pas la cible prioritaire des coups de matraque... J'en ai fait l'expérience le 31 mars, en début de manifestation. Je répondais à des questions d'une chaîne de télé lorsque la police a refoulé des groupuscules de casseurs vers la tête du cortège. Ensuite, la police a chargé tout le monde, et nous n'avons pas eu d'autre choix que de courir.

HD. Les événements Nuit debout, très médiatisés, se multiplient en France. Que pensez-vous de ce phénomène ?

P. M. Il ne faut pas oublier que la première Nuit debout s'est constituée à la fin de la grande manifestation organisée par les syndicats. C'est donc un mouvement issu en partie du mouvement social. Le fait que des citoyens de différents horizons se rassemblent pour exiger des responsables politiques qu'ils redonnent la parole aux peuples ne me dérange pas du tout. au contraire, la CGT ne cesse de réclamer davantage de démocratie, dans l'entreprise comme dans la cité.
Nous mesurons l'exaspération de citoyens trompés depuis des années par des promesses électorales jamais tenues. Ces gens réfléchissent à des alternatives politiques. Nous prônons, nous aussi, une transformation de la société. Tout cela participe d'un débat sain.

HD. Néanmoins, certains participants des Nuits debout sont extrêmement critiques vis-à-vis des syndicats. Que diriez-vous à un salarié qui doute de l'utilité des syndicats ?

P. M. Je lui dirais tout d'abord que la situation sociale des salariés est moins bonne dans les entreprises dépourvues de syndicat. Toutes les études le montrent. Je lui rappellerais également que si le Code du travail et les conventions collectives existent, c'est grâce aux mobilisations syndicales. La loi travail vise à renvoyer la négociation collective au niveau de l'entreprise : si cette loi est appliquée, les salariés pourront malheureusement se rendre compte que, sans syndicat, c'est la loi de la jungle qui s'applique dans l'entreprise.

HD. Depuis le début de la mobilisation contre la loi El Khomri, constatez-vous un essor du nombre d'adhésions ?

P. M. Oui, en un mois, nous avons vu le nombre d'adhésions en ligne progresser d'un bon tiers. Cela contredit les sondages qui tendent à démontrer que les salariés se détournent des organisations syndicales... Néanmoins, nous serons jugés à terme sur notre capacité à obtenir des avancées concrètes. Nous devons défendre notre conception du syndicalisme. En ce moment, patronat et gouvernement cherchent à enfermer les organisations syndicales dans une logique de discussions « entre soi », déconnectées de la réalité du monde du travail.

HD. Tous les syndicats ne rejettent pas le jeu institutionnel, à l'instar de la CFDT, qui privilégie le « dialogue » avec le gouvernement. Dans ce contexte, un rassemblement syndical n'est-il pas illusoire ?

P. M. La CGT ne souhaite écarterpersonne a priori. C'est pourquoi nous avons proposé, dès la publication de l'avant-projet de loi, à l'ensemble des organisations de se retrouver autour de la table pour discuter du texte et travailler à des solutions alternatives. Certaines organisations, qui ne partagent pas nos points de vue, n'ont pas souhaité participer aux mobilisations, mais je constate que beaucoup d'adhérents de la CFDT ou de l'UNsa ont défilé dans les cortèges.

HD. Peut-on parler d'un divorce entre syndicats dits contestataires et syndicats dits réformistes ?

P. M. Il existe un syndicalisme d'accompagnement qui considère qu'il vaut mieux aménager la casse et un syndicalisme dont se revendique la CGT qui refuse d'accompagner les politiques d'austérité et qui propose des alternatives sociales à ces politiques.

HD. Le congrès du 18 avril ne donnera donc pas lieu à un changement d'orientation ?

P. M. Les congressistes en décide Ce que je constate, c'est que la démarche que nous avons réaffirmée au mois de février 2015 est la bonne. Il y a sans doute besoin de poursuivre notre réflexion pour que la CGT devienne véritablement le syndicat de tous les salariés. Il reste beaucoup de progrès à faire dans les entreprises de moins de 10 salariés (TPE), parmi les ingénieurs, cadres et techniciens, les privés d'emploi, les retraités ou encore la jeunesse. Il s'agit de débattre aussi de comment la CGT développe un syndicalisme de propositions même si elles sont à contrecourant des idées libérales. Ce n'est pas pour nous un problème. après le congrès, nous allons accentuer une campagne sur les 32 heures, qui est l'une des solutions pour faire reculer le chômage.

HD. Faire de la CGT le syndicat de tous les salariés est une priorité affichée par la CGT depuis plusieurs congrès. Constatez-vous des progrès sur ce point ?

P. M. Des dispositifs, comme la ca-ravane des saisonniers, commencent à porter leurs fruits. Nous avons doublé le nombre de départements qu'elle visite en quelques années et nous enregistrons des adhésions. Notre implantation dans le commerce se renforce aussi et on en mesure les résultats sur le plan électoral.
Les élections dans les TPE nous ont permis aussi de développer une activité syndicale en direction de ces salariés.

HD. La répression syndicale est un des obstacles à la syndicalisation. Comment le surmonter ?

P. M. C'est un obstacle majeur. Il est inadmissible dans ce pays qu'un salarié soit sanctionné, licencié, voire condamné pour son activité syndicale. Il y a besoin de mesures fortes de la part des pouvoirs publics pour stopper cette répression. Mais, au lieu de cela, on entend surtout des discours de criminalisation. On constate également des attaques de la part de collectivités territoriales qui remettent en cause les moyens accordés aux syndicats et aux bourses du travail. Nous sommes entrés dans une logique où il s'agit de mater le mouvement syndical.La CGT est victime d'une campagne haineuse très forte. « L'Humanité » du 11 avril vient d'en dénoncer un nouvel épisode, avec cet éditorialiste du « Point » qui explique que la CGT et le FN, c'est bonnet blanc et blanc bonnet.

HD. Le même éditorialiste, FranzOlivier Giesbert, a comparé la CGT à Daech, affirmant que le gouvernement avait plus peur de la CGT...

P. M. Assimiler la CGT à des terro-ristes, c'est insultant. Mais ce monsieur n'est pas le seul. Nous sommes régulièrement qualifiés de dinosaures ou de dernier des soviets. Il se trouve même un ancien ministre de l'Éducation nationale, paraît-il philosophe (Luc Ferry ­ NDLR), pour dire que le secrétaire général de la CGT a un QI de bulot. Voilà le genre d'« arguments politiques » qu'on oppose à la CGT.

HD. Cela témoigne d'une banalisation des attaques antisyndicales ?

P. M. Elles sont plus que banalisées, elles sont orchestrées. Preuve en sont les propos de l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, qui s'en est pris aux corps intermédiaires.
On pourrait aussi citer Emmanuel Macron. Tout cela démontre une volonté du gouvernement, de la droite et de l'extrême droite de mettre au pas un syndicalisme qui dérange.

HD. Le procès des salariés d'Air France, puis, un peu plus tard, celui en appel des ex-Goodyear Amiens seront-ils l'occasion de mobilisations ?

P. M. Le cas de la demande de licenciement du délégué syndical d'Air France est sur le bureau de la ministre du Travail. L'inspection du travail l'a refusée. On va voir si la ministre confirme cette décision où si elle soutient ce cas de répression. Une journée d'action est prévue le 27 mai, jour du procès des salariés d'Air France. Il s'agira de les soutenir et d'obtenir la relaxe mais aussi de mobiliser contre la répression syndicale. Aujourd'hui, seulement 10 % des entreprises en capacité de négocier le font. La peur de la répression fait partie des causes mises en avant par les salariés pour justifier cet état de fait.

HD. La crise traversée il y a un an et demi par la CGT avait révélé des relations fortement tendues, ce congrès s'annonce-t-il plus apaisé ?

P. M. La CGT a besoin de diversité. Diversité dans les salariés qui la composent mais aussi diversité d'opinions. Certains estiment que l'on devrait appeler à des grèves reconductibles, d'autres au contraire que, dans la période compliquée que nous traversons, il faudrait accepter de faire des concessions. Il est légitime que cette diversité d'opinions s'exprime mais le principe démocratique en vigueur dans la CGT, selon lequel lorsqu'une décision est prise, elle s'applique à tous, doit être respecté. J'ai rencontré en à peine un an 10 000 syndiqués. Beaucoup réfléchissent, se posent des questions sans remettre en cause notre démarche. Je pense que le congrès va vraisemblablement la conforter.

REPERES
1 000 Le nombre de délégués qui seront présents au congrès de Marseille, dont le but est de fixer les grandes orientations du syndicat pour les trois années à venir.
676 623 Nombre d'adhérents de la CGT, dont 63 % d'hommes et 37 % de femmes. L'âge moyen est de 49 ans.
26,77 % Aux dernières élections professionnelles (2013), c'est le pourcentage de la CGT, devant la CFDT (26 %).

PAR CYPRIEN BOGANDA ET PIERRE-HENRI LAB.

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