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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #ACTIONS
Le mouvement Nuit debout, inspiré des Indignés espagnols, se développe chaque soir place de la République à Paris.

Le mouvement Nuit debout, inspiré des Indignés espagnols, se développe chaque soir place de la République à Paris. © DOMINIQUE FAGET

Le mouvement Nuit debout, initié le 32 mars 2016 (dans le prolongement de la manifestation du 31), peut-il aboutir à un « Crépuscule politique » vers la fin du mois de mai, se soldant par la chute du président de la République française ?

Un événement, nous expliquent les penseurs modernes, est une chose par nature imprévisible (on dit qu'elle est contingente). Cela veut dire que l'événement peut surgir à tout moment sans obéir à une quelconque loi, fût-elle historique ou sociologique. Certains vont même jusqu'à prétendre que, pour le faire exister, il suffirait de pouvoir le nommer. Les événements de Mai 68 en sont devenus l'exemple classique.

On ne peut donc pas savoir si le mouvement Nuit debout, qui n'en est qu'à quatre nuits, sera un « événement », même si les médias peuvent déjà le nommer. Il peut très bien faire « pschitt » dans la semaine qui vient. Il peut aussi monter, comme un soufflé, et, à la manière du mouvement du 22 mars, aboutir à un nouveau Mai 68.

La révolution : une spécialité française !

La première hypothèse ne méritant pas qu'on s'y attarde, je ne me pencherai que sur les conditions d'émergence de la seconde. S'il y a un domaine où notre pays a préservé un leadership international, c'est celui de la révolution. Nous y sommes très forts, pratiquement sans égal dans le monde. Marx et Engels avaient remarqué que le peuple, en France, avait en cette matière une inventivité particulière. C'est encore plus vrai à Paris qui semble situé sur une faille tectonique très active tant on y ressent régulièrement les secousses historiques.

La façon dont le séisme s'est propagé, en 68, entre l'occupation de la tour administrative de l'université de Nanterre le 22 mars et le départ en hélicoptère de De Gaulle le 29 mai, relève d'une dynamique imprévisible de l'effondrement des institutions. Tout porte à croire que l'usure de l'instance politique est, aujourd'hui, encore plus avancée. On a vu, par la suite, à quelle vitesse l'URSS a implosé. Qui plus est, si dans les deux mois qui viennent, la France se retrouve bloquée, il faut bien le reconnaître : Hollande…, « c'est pas de Gaulle ! »

Aucun parti ne peut récupérer un tel mouvement:

Depuis quelque temps, les aspirants au renouvellement de la politique, du côté de Macron ou de NKM, nous expliquent que le monde a changé (ils parlent de l'économie, des technologies, etc.). Ils nous démontrent que, pendant ce temps-là, le politique est à la traîne et qu'il va finir par se faire « uberiser ». C'est peut-être ce qui est en train de se passer place de la République. Quelques centaines de jeunes gens auraient entrepris de renouveler de fond en comble l'offre politique. N'étant pas des professionnels, ils ne peuvent faire ça que la nuit. C'est la raison pour laquelle ils ne dorment plus. Il s'agit d'une tradition : c'était déjà comme ça en 1789, le 4 août, lorsqu'on abolissait les privilèges.

Bien entendu, aucune personnalité politique, aucune organisation, aucun parti ne peuvent récupérer un tel mouvement. Ni Mélenchon, ni le NPA ou le DAL. C'est comme pour le mouvement du 22 mars qui ne fut, en réalité, récupéré par aucun des groupes d'extrême gauche trotskyste ou maoïste qui le revendiquaient pas plus que par les syndicats ou le Parti communiste (les accords de Grenelle n'étant qu'une retombée collatérale).

Comment le pouvoir déliquescent actuel pourrait-il s'en sortir ? Je ne lui vois qu'une issue : tenir jusqu'en juin lorsque le peuple sera enfin devant ses écrans de télévision à regarder l'Euro et sera trop fatigué pour passer ses nuits place de la République.

 

(*) Léo Scheer est éditeur et sociologue

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