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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Europe

Faute de mieux, Podemos consulte à partir de jeudi ses bases sur l’accord conclu entre les socialistes du PSOE et les libéraux de Ciudadanos. La droite du PP pourrait, elle, vouloir reprendre la main et relancer l’idée d’une coalition « à l’allemande ». En l’absence d’une alliance crédible d’ici au 2 mai, les Espagnols devront retourner aux urnes.

L' Espagne a toujours autant de mal à se défaire d’une culture politique marquée, depuis près de 40 ans, par l’alternance tranquille entre le PP (droite) et le PSOE (socialistes). Sa classe politique peine à trouver la formule magique qui permettrait, trois mois et demi après les législatives du 20 décembre, de sortir de l’impasse. À l’approche de la date butoir du 2 mai, et en l’absence de coalition crédible entre les quatre principaux partis, l’immense majorité des observateurs se prépare à une répétition des élections générales, déjà annoncées pour le 26 juin.

Antonio Hernando, le porte-parole du PSOE au congrès des députés, qui refusait jusqu’à peu de céder au pessimisme ambiant, l’a reconnu lundi sans détour : la convocation de nouvelles élections est, de loin, le scénario le plus probable. Les négociations rompues avec Podemos en fin de semaine dernière ? « L’heure des offres et des contre-offres est terminée. Pablo Iglesias a bloqué toute possibilité de changement en Espagne (…). Nous ne lui faisons pas confiance. » Un rapprochement avec le Parti populaire (PP, la droite de Mariano Rajoy, le chef de gouvernement sortant) ? « Monsieur Rajoy peut faire l’économie de toute nouvelle offre, si tant est qu’il en avait le projet », a prévenu Hernando, qui ne veut pas entendre parler, pas plus que son chef Pedro Sanchez, d’une grande coalition « à l’allemande » (PP-PSOE).

À ce stade, il ne reste sur la table, encore et toujours, que l’accord conclu entre le PSOE et Ciudadanos, ce parti libéral parfois décrit comme un « Podemos de droite ». Mais la jeune formation d’Albert Rivera n’était arrivée qu’en quatrième position (13,9 %, 40 députés sur 350). Avec les voix du PSOE (20,8 %, 90 élus), on est loin d’une majorité. Pedro Sanchez, le candidat des socialistes à la Moncloa, en avait eu confirmation début mars, lorsqu’il avait tenté, avec un certain panache (mais aucune chance sérieuse d’y parvenir), de demander l’investiture. Il avait alors perdu coup sur coup deux votes de manière cinglante, avec 219 élus à chaque fois contre lui (sur 350). 

Pablo Iglesias, vexé que le PSOE ait d’abord cherché à négocier sur sa droite, avec Ciudadanos, a par la suite tenté de relancer des négociations avec les socialistes. Pour Iglesias, l’objectif était surtout de se montrer conciliant, et de ne pas se faire enfermer à la gauche de la gauche.

Mais cette tentative de triangulaire PSOE-Podemos-Ciudadanos, à laquelle il n'a sans doute jamais vraiment cru, n’a pas abouti. D’abord parce qu’une crise interne à Podemos (sur laquelle on reviendra plus loin) a affaibli le courant qui était sans doute le plus disposé à soutenir cette alliance a priori contre-nature, au sein du mouvement anti-austérité. Ensuite parce que l’organisation d’un référendum sur l’indépendance de la Catalogne, proposition clé du programme de Podemos (et condition de l’alliance entre Iglesias et la populaire maire de Barcelone, Ada Colau), est impossible à avaler pour le PSOE et bien plus encore pour Ciudadanos.

Pedro Sanchez et Pablo Iglesias à l'entrée du congrès des députés à Madrid le 30 mars 2016. © Sergio Perez - Reuters. Pedro Sanchez et Pablo Iglesias à l'entrée du congrès des députés à Madrid le 30 mars 2016. © Sergio Perez - Reuters.

Mardi, Pedro Sanchez semblait tout de même continuer à faire le pari d’un ménage à trois. L’économiste de formation a assuré que sa main restait « tendue » en direction de Pablo Iglesias, et qu’il serait un « allié pour construire le changement jusqu’à la dernière minute » des négociations. Ce qui revient à contredire, presque mot pour mot, la sortie du porte-parole du PSOE la veille… Que pensent les citoyens espagnols de cet interminable feuilleton de négociations, ponctué chaque semaine de vrais faux coups de théâtre ? Dans une chronique très dure contre Podemos publiée en fin de semaine dernière dans El País, l'écrivain Javier Cercas grince : « Je propose de fusiller sans autre forme de procès le prochain homme politique qui utilisera l'expression “lignes rouges” et l'expression “feuille de route”. »

 

L'affaire est-elle pliée pour autant ? « L’Espagne semble condamnée à la répétition des élections. Mais il serait prudent de ne pas donner ce scénario pour acquis jusqu’à la saint Jordi [le 23 avril – ndlr]. Ce sont des jours de calculs, de sondages (dont la publication n’arrête jamais), d’appels téléphoniques entre les bureaux des uns et des autres, et de contacts politiques plus ou moins souterrains, qui s’annoncent », prévient Enric Juliana, très respecté chroniqueur de la Vanguardia (lu avec attention, en particulier, par les dirigeants de Podemos). Juliana n’exclut pas à ce stade que le PP, vainqueur fragile des élections du 20 décembre (28,3 %, 123 sièges) et aux abonnés absents depuis, prenne enfin l’initiative. Le PP pourrait monter au créneau avec son projet d’alliance PP-PSOE « à l’allemande ».

Le roi a annoncé mardi la convocation d'ultimes consultations avec les chefs de parti, les 25 et 26 avril, au terme desquelles il pourrait décider de redonner l’initiative à l’un des quatre candidats à la Moncloa. Pour rappel, Rajoy avait refusé de prendre l’initiative en février, estimant qu’il n’avait pas de majorité possible en l’état. Ce qui avait laissé le champ libre à Pedro Sanchez, pour mener d’amples consultations et conclure un « deal » avec Ciudadanos. Cette fois, Rajoy pourrait accepter de prendre la main. De son côté, Podemos s’apprête à consulter ses bases sur Internet, de jeudi à dimanche, pour savoir ce qu’elles pensent de cet accord Sanchez-Rivera. Iglesias a répété qu’il s’y opposait. Le résultat, connu lundi prochain, devrait conforter la stratégie de l’universitaire en sciences politiques.

Si le journaliste de la Vanguardia invite à la prudence et n’exclut pas tout à fait la constitution d’un exécutif d’ici au 2 mai, c’est qu’il a en tête le précédent catalan. Il avait fallu attendre les tout derniers jours de la phase de négociations (début janvier 2016), plus de trois mois après les élections régionales de septembre 2015, pour que les indépendantistes se mettent enfin d’accord entre eux… À l’époque, Artur Mas, le président sortant (droite nationaliste), avait contre toute attente accepté de céder sa place pour débloquer la situation. Certains se demandent à présent si Mariano Rajoy, qui cristallise sur sa personne beaucoup des crispations politiques, ne pourrait pas se retirer lui aussi pour débloquer, in extremis, un éventuel accord PP-PSOE-Ciudadanos.

« Les partis préparent une campagne électorale meilleur marché », selon El Pais mardi. « Les partis préparent une campagne électorale meilleur marché », selon El Pais mardi.

Le scénario n’est pas exclu. Mais il n’est pas du tout le plus probable. D’autant que les sondages vont bon train, et qu’en cas de nouvelles élections, si l’on en croit ces enquêtes très fragiles, le Parti populaire accroîtrait son avance, tandis que Podemos (qui n’a jamais été mesuré correctement dans les sondages) dévisserait. Cette dynamique favorable au PP peut en surprendre plus d’un : non seulement Rajoy est invisible depuis le début de l’année, laissant Pedro Sanchez à l’offensive et sous les projecteurs, mais par ailleurs, le parti est confronté à de nouvelles affaires embarrassantes (celle, par exemple, qui vise l’ex-maire de Valence Rita Barbera, ou encore l’apparition du nom de l’actuel ministre de l’industrie dans les Panama papers).

 

Côté PP, on fait savoir, officiellement, que l’on est prêt à reprendre des négociations pour une alliance avec le PSOE, si les socialistes prennent clairement leurs distances avec Podemos. « Pedro Sanchez fait semblant de parler par téléphone avec des gens, parfois ses alliés, parfois ses ennemis, mais il ne parle qu’à lui-même, et pour nous, il n’est pas question de rentrer dans ce sketch », ironisait en début de semaine Pablo Casado, l’une des figures du PP madrilène.

Mi-avril, la situation n’a donc pas vraiment décanté par rapport à celle de début mars… Le ressort politique est toujours le même, pour les principaux candidats à la Moncloa : puisque les Espagnols, si l’on en croit les sondages, n’ont pas du tout envie de retourner aux urnes, il faut tout faire pour ne pas apparaître comme le responsable du blocage politique. Bien sûr, au sein des QG, chacun s’affaire déjà pour préparer la campagne éclair qui se profile, et compter l’argent qu’il reste dans les caisses…

 

 

Par: Ludovic Lamant et MEDIAPART.

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