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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Humeurs

Après le décès d'un volontaire le 17 janvier, Biotrial, la société de Rennes qui a réalisé l'essai clinique fatal, a dissimulé des informations cruciales aux inspecteurs de l'Inspection générale des affaires sociales, et prétendu avoir reçu un coup de téléphone rassurant de l'hôpital qui avait admis le patient, ce que dément le CHU. 

Guillaume Molinet aurait eu 50 ans ce 23 avril, s’il ne s’était porté volontaire pour un essai clinique mené à Rennes par la société Biotrial sur la molécule BIA 10-2474, qui a provoqué sa mort le 17 janvier. Il aurait eu une chance de fêter son anniversaire, si les cachotteries de Biotrial ne l’avaient conduit à supposer qu’il ne prenait pas de risque grave en testant un produit présenté comme sans grand danger. En réalité, une « molécule poubelle », sans intérêt médical démontré mais dont les risques neurologiques s’étaient manifestés chez l’animal.

Selon le témoignage de sa compagne, Florence, recueilli par Mediapart, Guillaume ne devait même pas participer au test du BIA 10-2474, produit du laboratoire portugais Bial. Il avait été recruté pour un autre essai, qui n’a finalement pas été autorisé. Il s’est alors proposé pour tester la molécule de Bial. Les volontaires étant choisis par ordre de candidature, il n’était que l’un des deux remplaçants retenus en cas de défection d’un des participants prévus, un « joker » selon le terme utilisé chez Biotrial.

Le mardi 5 janvier, on lui a dit qu’il participait à l’étude, un de ses devanciers ayant eu un malaise. Le « joker » a accueilli la nouvelle sans inquiétude. Il avait signé la « lettre d’information » de Biotrial sur la molécule. Elle ne signalait rien de très inquiétant.

Le mercredi 6, Guillaume, le « volontaire 2508 », a reçu sa première dose de BIA 10-2474, en même temps que cinq autres volontaires. Deux autres ont eu un placebo. Guillaume ne savait pas, à ce stade, s’il prenait la vraie molécule ou le placebo, mais il a appris que la dose quotidienne avait été fixée à 50 mg, au lieu des 40 mg initialement prévus, et pour 10 jours. Il a raconté à Florence que l’équipe de Biotrial avait décidé d’augmenter la dose administrée chaque jour à la cohorte de six volontaires « parce qu’ils ont estimé qu’il n’y aurait pas assez d’effets avec 40 mg ».

Des documents du dossier médical de Guillaume Molinet, consultés par Mediapart avec l’autorisation de sa famille, montrent qu’il a commencé à avoir de graves symptômes le dimanche 10 janvier vers 15 h 30. Il a été hospitalisé dans la soirée au CHU Pontchaillou à Rennes, où un médecin a diagnostiqué un « probable AVC ». Son état s’est aggravé dans la nuit, il est tombé dans le coma le lundi 11 et il a été déclaré en état de mort cérébrale le 14 janvier.

Cette chronologie contredit le rapport d’étape établi par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et publié le 5 février. Ce rapport a reconstitué le déroulement de l’après-midi en se basant sur les témoignages et déclarations écrites de l’équipe de Biotrial. Il expose que les symptômes graves du « volontaire 2508 » auraient été constatés seulement vers 18 h 30, après une sieste (lire notre article). Auparavant, il n’aurait eu que des symptômes banals, aurait été vu par le médecin de garde de Biotrial « déambulant » entre 15 heures et 16 heures, mais n’aurait « pas été examiné alors ».

La version exposée par Biotrial à l’Igas est en contradiction avec plusieurs passages du dossier médical du volontaire, établi par le service des urgences médico-chirurgicales du CHU de Rennes, dirigé par le professeur Claude Ecoffey. On lit dans ce dossier : « Apparition le matin d’un flou visuel. A pu aller se promener normalement cet après-midi puis a fait une sieste. Au réveil de sa sieste vers 15 h 30 le patient se réveille dysarthrique céphalalgique [le patient a du mal à parler et a mal à la tête – ndlr] avec une majoration de ses troubles visuels. »

La sieste de Guillaume Molinet s’est donc apparemment déroulée nettement plus tôt que ce qu’indique le rapport de l’Igas. Un autre passage du dossier médical confirme : « 15 h 30 ce jour : céphalée brutales en casque + dysarthrie majeure + somnolence + troubles de l’équilibre. »

Florence se souvient d’avoir reçu un appel de son compagnon dans l’après-midi, vers 15 heures. « Il m’a dit qu’il avait mal à la tête, voyait flou, qu’il ne se sentait pas bien et avait mal dormi, raconte-t-elle. Il pensait avoir passé trop de temps sur son ordinateur portable. Je lui ai répondu que ce n’était pas la première fois qu’il le faisait. »

 

« Je lui ai dit :“Tu es là parce qu’on cherche les effets secondaires de la molécule”, poursuit Florence. Il faut que tu ailles signaler ce qui ne va pas. Il m’a dit qu’il allait le faire et qu’il me rappellerait. Il ne m’a jamais rappelée. »

La compagne de Guillaume Molinet se souvient aussi d’un détail crucial : « En parlant, il a buté deux fois sur un mot, ce qui ne lui arrivait jamais. » Elle confirme donc que la difficulté à parler était déjà présente l’après-midi, sans que le médecin de garde de Biotrial ne s'en préoccupe.

Un deuxième médecin de garde a pris le relais à 18 heures, d’après le rapport de l’Igas. Le dossier médical confirme que Guillaume a été vu à ce moment-là.  Pourquoi le volontaire n’a-t-il pas été sérieusement examiné avant 18 heures ? Pourquoi Biotrial a-t-il communiqué à l’Igas une chronologie inexacte ? On attend toujours les explications de la société rennaise. Biotrial se refusant à communiquer les noms des deux médecins de garde en activité le dimanche 10 janvier, nous n’avons pu connaître leur version des faits.

Par Michel de Pracontal et MEDIAPART.

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