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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Aide-Mémoire

Elle aura successivement mobilisé quatre magistrats instructeurs, réclamé une décennie d’enquête, la déclassification d’une flopée de documents estampillés « Secret défense » et des dizaines d’auditions. Onze ans après le décès de neuf soldats français et d'un humanitaire américain dans le bombardement d’une base française en Côte d’Ivoire, l’instruction de l’affaire Bouaké touche à sa fin. En charge du dossier depuis 2012, la juge Sabine Kheris a sollicité, le 2 février 2016, le renvoi de Dominique de Villepin, Michèle Alliot-Marie et Michel Barnier devant la Cour de justice de la République (CJR), seule habilitée à juger des délits commis par des membres du gouvernement, comme l’a annoncé Le Canard enchaîné dans son édition du mercredi 17 février.

Au cœur du dossier, les anciens ministres de l’intérieur, de la défense et des affaires étrangères de Jacques Chirac sont formellement accusés d’avoir sciemment entravé l’enquête sur le bombardement, d’après l’ordonnance de transmission des pièces au procureur de la République que révèle Mediapart.

« Il est apparu tout au long du dossier que tout avait été orchestré afin qu’il ne soit pas possible d’arrêter, d’interroger ou de juger les auteurs biélorusses du bombardement », conclut ainsi la juge au bout de 12 pages de démonstration.

 

Michèle Alliot-Marie, Dominique de Villepin et Michel Barnier © Reuters Michèle Alliot-Marie, Dominique de Villepin et Michel Barnier © Reuters

 

Les trois anciens piliers du gouvernement de Jacques Chirac auraient pris cette décision après « concertation à un haut niveau de l'État » et encourent, chacun, trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende pour avoir « fourni à la personne auteur ou complice d'un crime ou d'un acte de terrorisme puni d'au moins dix ans d'emprisonnement un logement, un lieu de retraite, des subsides, des moyens d'existence ou tout autre moyen de la soustraire aux recherches » (article 434-6 du Code pénal).

Le début de l’affaire remonte au samedi 6 novembre 2004. L’armée de Laurent Gbagbo, président de Côte d’Ivoire depuis 2000, pilonne alors depuis plusieurs jours les positions de la rébellion qui s’est installée dans le nord du pays en 2002. Aux alentours de 13 h 30, deux avions Soukhoï pilotés par des mercenaires biélorusses prennent pour cible le lycée Descartes de Bouaké, où les troupes de l'opération Licorne ont installé une base à 200 km d’Abidjan. Neuf soldats français et un humanitaire américain décèdent dans l’opération et l’armée française riposte en détruisant la maigre flotte aérienne ivoirienne à Yamoussoukro et à Abidjan. À Paris, le président Gbagbo est rapidement dénoncé comme le commanditaire de l’opération mais, sur le terrain, l’enquête connaît des tergiversations suspectes pour un drame de cette envergure.

Parfaitement identifiés par les services de renseignement qui les surveillaient avant même le bombardement, les pilotes slaves et leur entourage échappent miraculeusement à une audition, a minima, par la justice française.

 

Dans les heures suivant l'attaque, quinze techniciens aéronautiques russes, biélorusses et ukrainiens sont d’abord interceptés à l'aéroport d'Abidjan. Sur ordre de Paris, ils seront pourtant finalement remis à l’ambassade russe, tandis que l’utilité des informations qu’ils auraient pu détenir ne fait pas de doute chez les militaires français.

Pire : dix jours après le bombardement, huit ressortissants biélorusses accompagnés de deux Ivoiriens, sont interpellés à bord d’un car à la frontière entre le Ghana et le Togo. « Nous avions l’intime conviction qu’ils avaient bombardé la position française », explique François Boko, le ministre de l’intérieur togolais de l’époque. La DGSE identifie également au moins un des deux pilotes mais Paris ne réagit pas, entraînant la libération automatique des aviateurs.

Au cœur du dossier ivoirien, l’ancien ministre de l’intérieur Dominique de Villepin, artisan des accords de Marcoussis de 2003 lorsqu’il était aux Affaires étrangères, a assuré devant le juge ne pas avoir été tenu informé de ces décisions juridiquement infondées.

Plusieurs témoignages et messages diplomatiques montrent pourtant que son cabinet était au centre de la chaîne de décision. L’attaché de défense au Togo a ainsi expliqué à la juge d’instruction que le sort des huit Biélorusses interpellés le 16 novembre « devait se traiter au niveau du ministère de l’intérieur » par le biais du SCTIP, service de coopération technique international de la police, rattaché à la place Beauvau. Des télégrammes diplomatiques, transmis par le Quai d’Orsay et la défense, ont également été adressés à l’Intérieur pendant que les autorités togolaises tenaient les mercenaires à disposition de la France.

Longuement auditionnée par la juge Michon en 2010, l’ancienne ministre de la défense Michèle Alliot-Marie a navigué dans des arguments juridiques peu crédibles pour justifier le refus de Paris d’interroger les pilotes.

 

Par: Antton Rouget et MEDIAPART.

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