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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Transports

Des trains plus chers et moins sûrs pour les usagers, des conditions de travail détériorées pour les cheminots, couplées à des attaques contre les syndicats et l’action collective… C’est le bilan de la privatisation du rail en Grande-Bretagne. Veut-on de cela pour la SNCB ? « Vous pouvez être certains que David Cameron a rencontré des représentants du gouvernement belge pour échanger leurs expériences sur les privatisations », met en garde l’avocat britannique John Hendy.

 

Privatisation du rail en Grande-Bretagne : un bilan qui ne fait pas envie…

« Vous pouvez être certains que David Cameron a rencontré des représentants du gouvernement belge pour échanger leurs expériences sur les privatisations. Et ça arrive plus souvent qu’on ne le pense. Tenez, pas plus tard que la semaine dernière, à Davos, par exemple. Et ils ont sans doute rencontré les dirigeants des plus grandes multinationales de ce monde. » C’est ainsi que John Hendy, célèbre avocat des syndicats britanniques et professeur à l’université de Londres, a commencé son speech, ce lundi 25 janvier 2016.

« Ces 5 dernières années, le prix des tickets a augmenté de 25 % »

La CGSP-Cheminots, la CSC-Trancom et le cabinet d’avocats Progress Lawyers Network organisaient une conférence « État des lieux des chemins de fer au Royaume-Uni. Des leçons pour la Belgique ». Cette déclaration a sans doute convaincu l’auditoire plein à craquer de l’importance pour les syndicalistes et cheminots d’eux aussi se rencontrer pour échanger leurs expériences, notamment en ce qui concerne la privatisation.

Comment les travailleurs passent deux fois à la caisse:

Le 25 janvier, la CGSP-Cheminots, la CSC-Trancom et le cabinet d’avocats Progress Lawyers Network organisaient une conférence « État des lieux des chemins de fer au Royaume-Uni. Des leçons pour la Belgique ». (Photo Parole de Cheminots / Facebook)
Le premier intervenant, Mick Whelan (secrétaire général de ASLEF, syndicat des conducteurs britanniques), a surtout évoqué les conséquences de la privatisation. « Une privatisation qu’on nous a présentée comme étant imposée par l’Union européenne. Ce qui est faux. La preuve : chez vous, c’est encore public. » Une des conséquences est l’augmentation phénoménale des tarifs : « Ces 5 dernières années, le prix des tickets a augmenté de 25 %. Sans compter que les tickets ne sont pas valables d’une compagnie à l’autre. Du coup, on voit des voyageurs combiner 5 ou 6 tickets sur des compagnies différentes pour effectuer un trajet le moins cher possible. Savez-vous quelle part des salaires va dans les transports en Grande-Bretagne ? 23 % en moyenne. C’est le plus haut taux en Europe. » Autant dire qu’une fois le loyer, les transports et la nourriture payés, il ne reste plus grand-chose pour aller boire un verre au pub.

« Il n’y a pour ainsi dire pas de concurrence. Ce sont des monopoles privés qui gèrent des lignes, qu’on leur attribue par franchise. Une fois une franchise attribuée, l’État anglais verse de l’argent aux compagnies de chemin de fer privées pour qu’elles exploitent les lignes. Si, par exemple, on vous verse 600 millions de livres par an pour gérer une ligne, et que vous arrivez à le faire pour 550 millions, vous avez 50 millions de livres pour les actionnaires : ce n’est pas reversé à l’État ! » Ceci pousse aussi les entreprises à ne pas investir dans du matériel roulant performant : il y a un nombre important de trains au diesel, par exemple, et les locomotives ont en moyenne 40 ans en Grande-Bretagne. Cela se fait donc aussi au détriment de la sécurité.

One man car : 40 % des trains mais 70 % des accidents:

Eddy Dempsey est responsable du RMT, un syndicat regroupant différentes professions dans les transports publics : « En Grande-Bretagne, 40 % des trains roulent sans accompagnateur (ce qu’on appelle la “Driver only operation” en Grande-Bretagne et qui est à l’étude chez nous sous le nom de “One man car”, NdlR). Le conducteur est responsable de tout. Moi-même, j’étais conducteur de train jusqu’il y a peu, et on doit tout contrôler. Un voyageur tombe entre le train et le quai ? Le conducteur est responsable. Un voyageur se fait agresser ? Le conducteur est responsable. Un voyageur fait un malaise dans le train ? Le conducteur est responsable. C’est impossible à faire. Pas étonnant que ce soit dans ces 40 % de trains qu’on retrouve 70 % des accidents. » Comme en témoigne son site Internet, le RMT mène d’ailleurs plusieurs campagnes pour maintenir les « guards » (c’est-à-dire les accompagnateurs). Un exemple ? RMT témoigne (images à l’appui) d’une passagère dont le sac a été coincé par les portes d’un train sans accompagnateur à Hayes & Harlington le 25 juillet 2015 : la passagère a été trainée par le train et gravement blessée.

Un danger mortel:

La privatisation a donc eu un impact important sur la sécurité des voyageurs, mais aussi sur la vie des travailleurs du rail. « Il y a eu une augmentation du travail dangereux, des accidents, des dommages aux infrastructures et des accidents mortels pour les travailleurs. »

Le mouvement Action for rail a commandité une étude sur les préoccupations des travailleurs à propos de leurs conditions de travail et l’impact sur les performances au travail et la sécurité. « On constate souvent un manque de personnel. Une des conséquences est le fait que les travailleurs doivent travailler en dehors de leur sphère normale de compétences. Ils ont souvent des plus longues distances à parcourir pour arriver sur leur lieu de travail, a expliqué Eddie Dempsey. Il y a deux ans, on a ainsi connu un accident très grave. Des travailleurs, qui faisaient des shifts de 12 heures, devaient voyager du Pays de Galles jusqu’à Londres. Un jour, sur le chemin du retour, le conducteur s’est endormi et a crashé la camionnette. Les occupants ont été tués, et le conducteur, seulement blessé, s’est suicidé quelques mois plus tard. » Les travailleurs n’ont pas de protection et n’osent pas se plaindre de peur d’être virés ou punis : « Les horaires de nuit, de week-end et les heures supplémentaires sont souvent utilisés pour discipliner les travailleurs. »

Mobilisation sociale bridée en Grande-Bretagne:

La privatisation des chemins de fer (et d’un tas d’autres services publics) a été de pair avec des attaques contre les droits d’action collective des travailleurs. Le droit de grève a été fortement limité ces dernières années, et, comme le dit si bien John Hendy, « le droit d’action collective sans droit de grève, c’est en fait un droit de prière collective ».

On se rappelle bien entendu des mineurs anglais. John Hendy a été très clair : « Aucun gouvernement britannique n’a plus comprimé les droits d’action collective des travailleurs que les gouvernements Thatcher. Ce que Thatcher a fait, ce n’est pas faire passer une loi, mais 7 lois différentes. Chaque loi était basée sur la loi précédente. Donc quand un gouvernement restreint l’action collective des syndicats, rien ne nous permet d’imaginer que c’est la fin de l’histoire : ils continueront encore, encore et encore. Donc si les syndicats et le droit de grève en Belgique sont aujourd’hui menacés par le gouvernement, vous pouvez être assurés que si le gouvernement parvient à ses fins, ils reviendront à la charge l’an prochain et l’année d’après. Ça, c’est notre expérience britannique. »

L’attaque féroce contre les syndicats a détricoté les droits sociaux de l’ensemble des travailleurs. À la fin des années 1970, 82 % des travailleurs étaient couverts par une convention collective de travail. Aujourd’hui, c‘est 20 % (61 % en moyenne dans l’UE). 1,5 million de travailleurs britanniques travaillent avec des contrats « zéro heures ». Ce sont des contrats sans aucune garantie de travailler une seule heure sur la semaine : le travailleur attend tous les matins un coup de téléphone pour savoir s’il doit venir travailler ou pas.

Action for rail : un mouvement pour renationaliser le rail:

« On a longtemps pensé que le Labour (les socialistes britanniques, au pouvoir pendant 13 ans entre 1997 et 2010, NDLR) allait renationaliser le rail privatisé en 1994. On a eu tort », a expliqué Mick Whelan. Conséquence : les syndicats britanniques prennent leur sort en main. C’est à travers l’action collective qu’ils comptent renationaliser le rail. Une campagne a d’ailleurs été lancée par les différents syndicats du rail, et regroupe aussi des usagers : Action For Rail. Cette campagne se bat pour la renationalisation du rail. C’est un thème très populaire auprès de la population, car elle vit au quotidien le désastre de la privatisation. Par ailleurs, tous les orateurs ont souligné le fait que l’élection de Jeremy Corbyn à la tête du Labour, avec comme point de programme clair la renationalisation du rail, montre aussi le soutien large à cette proposition.

 

Par: Michaël Verbauwhede, Solidaire.

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