Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
citoyen18.overblog.com

citoyen18.overblog.com

La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Publié le par "Citoyen 18"
Publié dans : #Social-Eco

Photo Geoffroy Van Der Hasselt / AFP
Deux ans que ça dure. L’arrivée en France d’Uber a mis le feu aux poudres. Cette plateforme de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) a déchaîné la colère des chauffeurs de taxi traditionnel, directement concurrencés. Les manifestations s’enchaînent d’un côté comme de l’autre. Pendant que les patrons des deux camps encouragent la compétition, les chauffeurs se paupérisent à toute vitesse.
 
Entre les chauffeurs de taxi et les VTC, le conflit vire à la guerre des tranchées. Les deux camps défilent dans les rues à tour de rôle, dans une ambiance d'autant plus électrique que certaines mobilisations sont financées par les patrons eux-mêmes (voir encadré). À en croire certains, tout est simple. Ce conflit, démarré il y a deux ans, opposerait des « rentiers » attachés à leur juteux pré carré ­ les chauffeurs de taxi traditionnel ­ à une kyrielle de start-up dynamiques emmenées par le californien Uber ­ les chauffeurs de VTC.
 
Cette présentation, en forme de querelle des « anciens » contre les « modernes », a l'immense avantage d'éluder le rôle des vrais responsables de la guerre : en réalité, ceux qui tirent les ficelles ne sont pas les chauffeurs des deux camps, forçats de la route surexploités, mais leurs patrons milliardaires. D'un côté, Travis Kalanick, PDG d'Uber, 5,5 milliards d'euros de fortune personnelle au compteur. En fondant sa start-up en 2009, le jeune entrepreneur, qui déteste « le socialisme et la régulation », a semé la pagaille dans le secteur du transport de personnes. Son modèle économique repose sur un principe simple : jouer dans la même cour que les taxis traditionnels, mais sans obéir à leurs règles. Uber ne possède ni salariés ­ puisque ses chauffeurs travaillent en indépendants ­, ni flotte de taxis ­ puisque les chauffeurs possèdent leur propre véhicule. Il dispose d'un vivier de conducteurs inépuisables, puisque ces derniers n'ont pas les mêmes contraintes que les chauffeurs de taxi traditionnel, qui doivent par exemple débourser plus de 100 000 euros pour acheter une licence. En sept ans, l'entreprise californienne a déferlé dans une soixantaine de pays et sa valorisation boursière frôle désormais les 60 milliards d'euros.
 
UBER, MARCHAND DE RÊVES:
De l'autre, Nicolas Rousselet, PDG des taxis G7. Son père, André, proche de François Mitterrand dont il a été l'intime et le collaborateur, a bâti un empire dès les années 1980. Aujourd'hui, le groupe G7 (et sa filiale Taxis Bleus) compte 10 000 taxis affiliés dans la capitale, soit près de 60 % du parc. Prospérant sur un marché longtemps à l'abri de la concurrence, la famille Rousselet a amassé en trente ans une coquette fortune, estimée à 230 millions d'euros. L'arrivée d'Uber ne fait certes pas plaisir au PDG de G7, mais la position archidominante de son groupe le met à l'abri de la ruine pour encore quelque temps...
 
Ce n'est pas le cas de tout le monde. Pendant que les patrons des deux camps se tirent la bourre pour conquérir ou protéger leur part de marché, les chauffeurs se paupérisent à une vitesse croissante. En déboulant sur le marché, Uber et les autres plateformes n'ont pas seulement laminé le chiffre d'affaires des chauffeurs de taxi traditionnel. Ils ont également vendu du rêve à des particuliers désireux de sortir de la galère. « Inscrivez-vous sur Uber, nous vous garantissons 8 000 euros de chiffre d'affaires par mois », plastronnait le site fin 2014. À l'arrivée, la réalité est tout autre, comme l'expliquent les chauffeurs eux-mêmes. « On bosse entre 60 et 80 heures par semaine, pour des revenus mensuels qui tournent entre 800 et 1 100 euros », détaille Sayah Baaroun, fondateur du syndicat UnSa VTC. « Pendant ce temps-là, le PDG d'Uber est milliardaire : elle est où l'économie du partage ? Je comprends que les chauffeurs de taxi nous en veulent : nous sommes plus nombreux qu'eux et moins chers.
 
Mais, à l'arrivée, dans ce marché totalement dérégulé, tout le monde est perdant. »
Pour ne rien arranger, cette course au dumping social s'est encore accrue avec l'essor des LOTI (transports collectifs à la demande). Comme leur nom l'indique, ces derniers ne peuvent pas prendre moins de deux personnes dans leur véhicule. Mais, en pratique, de nombreuses fraudes ont été constatées. Bien souvent, les chauffeurs de compagnies VTC exercent en réalité leur activité sous le statut LOTI, encore plus avantageux que le statut de VTC traditionnel (formation encore plus courte et moins chère, notamment). Ou comment rajouter de la dérégulation à la dérégulation...
 
MACRON EN ADMIRATION:
Et ce n'est pas l'attitude du gouvernement qui va freiner cette spirale infernale. Depuis le début, le pouvoir socialiste a donné l'impression de prendre le parti des VTC. Emmanuel Macron, ministre très libéral de l'Économie, ne cache pas son admiration pour le modèle Uber. Le gouvernement vient de rendre l'accès au métier encore plus facile. auparavant, l'obtention d'une licence de VTC coûtait 170 euros de frais d'inscription et impliquait 250 heures de formation. Désormais, il suffira de suivre 7 heures de formation et de répondre à un simple questionnaire à choix multiples (QCM) portant sur la réglementation des transports ou la sécurité routière. Une note de 12/20 suffit pour décrocher le précieux sésame. autant dire que, pour les candidats, cette nouvelle législation risque de constituer un formidable appel d'air. Et une nouvelle dégradation des conditions de travail.
 
 
 
Jérôme Vérité, secrétaire général de la fédération transports de la CGT, ébauche quelques pistes pour sortir de l'impasse : « Il faudrait tout d'abord fixer des règles claires pour délimiter chaque métier. Historiquement, les VTC s'adressaient à un certain type de clientèle, plus luxueuse. Mais Uber a prétendu faire tous les métiers à la fois. Ensuite, il faut imposer aux plateformes de type Uber de salarier les chauffeurs qui travaillent pour elles. aujourd'hui, Uber ne crée rien, ne cotise pas et se contente de prélever 20 % de la richesse produite par les chauffeurs. Tant qu'on ne s'attaquera pas à la racine du problème, rien ne changera. »
 
Uber bientôt condamnée ?
Poursuivie devant le tribunal correctionnel de Paris pour « complicité d'exercice illégal de la profession de taxi », la multinationale Uber a été copieusement assaisonnée par la procureure. Dans son réquisitoire, cette dernière a démonté l'application UberPop, aujourd'hui suspendue, qui permettait à de simples particuliers de transporter des clients dans leur véhicule, contre paiement. La procureure a requis 1 million d'euros d'amende à l'encontre de la société Uber France. Si jamais elle était confirmée, cette peine apporterait de l'eau au moulin des opposants à Uber. Néanmoins, on se doute que la multinationale pourra régler l'ardoise sans problème, avec ses 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires. D'ailleurs, Uber a tellement d'argent qu'elle n'hésite pas à rémunérer... ses propres grévistes ! « La Tribune » révèle, enregistrement à l'appui, que la multinationale californienne propose à ses chauffeurs en grève d'être indemnisés. Soit une centaine d'euros pour un rassemblement d'une heure début février à Paris. Ce jour-là, les VTC défilaient pour critiquer une politique gouvernementale qu'ils estiment trop « pro-taxis ».
  • NICOLAS ROUSSELET, PDG des taxis G7 (et de la filiale Taxis Bleus), aligne 10 000 taxis affiliés dans la capitale, soit près de 60 % du parc. Une fortune estimée à 230 millions d’euros.
  • TRAVIS KALANICK, PDG d’Uber, 5,5 milliards d’euros de fortune au compteur. Le jeune patron américain de la multinaltionale déteste « le socialisme et la régulation ».

Par: L'HUMANITE.fr

Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog