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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

La caissière de l'Hyper Cacher, une ex-otage "en colère"

"En colère", elle brise le silence quelques jours avant les commémorations en mémoire des victimes des attaques de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher. Zarie, qui était la caissière de la superette de la Porte de Vincennes au moment où Coulibaly est entré dans le magasin, revient sur son calvaire dans Le Parisien de samedi.

 

Avant les commémorations autour des attaques djihadistes de janvier dernier, ceux qui n'avaient encore jamais parlé sortent de leur silence. Ainsi, Yohann Dorai, l'un des otages de l'Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, publie un livre la semaine prochaine, tout comme Patrick, le "kiosquier de Charlie", qui s'est confié à la journaliste Anaïs Ginori. Parmi ces témoins qui ne se sont pas encore exprimés, Zarie, la caissière de l'Hyper Cacher, se confie dans Le Parisien de samedi.

Traumatisée, elle raconte avoir décidé de sortir de son silence après les attentats du 13 novembre. "Tout recommençait, c'est comme si j'étais prise en otage une deuxième fois", explique-t-elle au quotidien francilien. Celle qui "s'en est sortie sans une égratignure" a vécu un enfer en cet après-midi du 9 janvier, où, quatre heures durant, elle est restée aux ordres d'Amédy Coulibaly.

Coulibaly à la caissière : "Ah, t'es pas encore morte, toi?"

Son calvaire a débuté dans une violence inouïe : quand Coulibaly est entré dans le magasin de la Porte de Vincennes, il abat quatre hommes dont Yohan Cohen, un employé également l'ami de Zarie. Après avoir fait le tour de la caisse sous laquelle la jeune femme s'était réfugiée, le terroriste s'aperçoit de sa présence et lui lance "Ah, t'es pas encore morte, toi?" Coulibaly a alors incliné son arme et a tiré sur Zarie. La balle est passée à quelques centimètres d'elle. "Il n'avait aucune raison de me louper. Jamais je ne saurai s'il voulait me tuer ou me faire peur", raconte Zarie.

La caissière décrit son bourreau, un homme "instruit" et "ultra-musclé". Elle raconte ensuite le fil des événements : le rassemblement forcé des survivants autour du terroriste, l'abaissement du rideau de fer, la tension qui monte. L'espace d'un instant, Zarie aurait pu s'échapper mais elle n'a pas pu : "Je ne pouvais pas laisser les otages. Je me sentais responsable d'eux, car j'étais une des seules à connaître le magasin." Zarie a d'ailleurs dû aller chercher les otages retrancher au fond de l'Hyper Cacher. Elle a vu Lassana Bathily tenter de contacter la police avant qu'il ne s'échappe.

«Je ne pouvais pas laisser les otages. Je me sentais responsable d'eux.»

Sous la pression du terroriste, c'est elle qui a ensuite contacté les forces de l'ordre par téléphone, avant la tentative de Yoav, l'un des clients qui a essayé d'enlever l'arme de Coulibaly avant que celui-ci ne le tue. Pendant toute l'après-midi, Zarie a tenu la ligne téléphonique. Elle devait raccrocher s'il s'agissait d'un journaliste ou même d'un client lambda. Ainsi, une personne lui a demandé si... le magasin était ouvert. Profitant d'un moment où la tension est retombée, elle a voulu appeler son frère. Ce dernier, ironie du sort, était chargé de la vidéosurveillance des Hyper Cacher depuis un centre à Bobigny. Il a vu Coulibaly entrer dans le magasin, puis les morts.

"Pour lui aussi, ça a été l'enfer", raconte Zarie. Cette dernière a eu sa mère au bout du fil : "Y a du sang, maman", a-t-elle eu le temps de dire avant de devoir raccrocher. Puis le temps de l'assaut est venu. "C'est à ce moment que j'ai eu le plus peur", raconte la jeune femme qui décrit une intervention très rapide. "Il y a eu un échange de tirs assourdissant puis j'ai entendu : 'Ils l'ont tué, on est libres!'"

"En colère contre la France"

Traumatisée, Zarie l'a été une nouvelle fois le 13 novembre. "C'était terrible. Je savais exactement ce que les victimes pouvaient ressentir, comme si j'étais de nouveau prise en otage... sauf que cette fois-ci, c'était un carnage", explique-t-elle avant d'ajouter : "Je pensais pourtant qu'il ne pouvait pas y avoir pire que ce que j'ai vécu."

Aujourd'hui, l'ancienne caissière de l'Hyper Cacher est "en colère". "Il faut croire que les morts des 7 et 9 janvier n'étaient pas assez nombreux. Il a fallu attendre des dizaines d'autres morts pour réagir et prendre conscience du danger terroriste", lâche-t-elle. Parce qu'elle "ne veut pas sombrer dans la dépression à 23 ans", elle quittera la France. Pour se reconstruire et devenir sage-femme, loin de Paris, loin de la Porte de Vincennes.

 

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