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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Smic: Hollande ne veut rien entendre de la colère du pays.

À ceux qui espéraient une inflexion économique, même symbolique, en réponse à la colère qui est sortie des urnes, le gouvernement n’a pas tardé à répondre : pas question ! Dès ce lundi matin, il a annoncé que le veto à tout coup de pouce au Smic, en vigueur depuis 2008, se poursuivrait en 2016. Au risque d'alimenter encore un peu plus la désespérance sociale sur laquelle prospère le Front national.

À tous ceux qui espéraient un sursaut après le séisme des élections régionales ; à tous ceux qui rêvaient, même sans trop y croire, d’un changement de politique économique et sociale, ou à tout le moins d’une inflexion, fût-elle symbolique, en réponse à la colère qui est sortie des urnes, le gouvernement n’a pas tardé à répondre. Avec brutalité : non, il n’y aura pas de changement ! Pas le moindre ! C’est en effet comme cela qu’il faut interpréter la décision annoncée lundi par la ministre du travail : de nouveau en 2016, le salaire minimum, qui a une fonction protectrice si considérable pour les travailleurs les plus modestes, ne bénéficiera d’aucun coup de pouce.

Le hasard avait pourtant bien fait les choses. De longue date, il était en effet prévu que la réunion annuelle de la Commission nationale de la négociation collective (CNNC), au cours de laquelle, traditionnellement, le niveau du Smic est annoncé pour l’année suivante, se tiendrait le lundi 14 décembre, soit le lendemain du second tour des élections régionales. Par cette coïncidence de calendrier, le gouvernement avait donc la possibilité d’envoyer ce lundi un message au pays. Pour lui signifier qu’enfin, pour conjurer la catastrophe politique qui se profile, pour apaiser les souffrances sociales des Français les plus modestes, il avait choisi de faire un geste sur le Smic. Ne serait-ce qu’un petit geste. Juste pour signifier que la donne avait changé et qu’il l’avait compris. En somme, juste pour donner du crédit aux propos du premier secrétaire du Parti socialiste, selon lequel il faut donner la priorité à la lutte contre la précarité pour « assécher » le Front national.

Eh bien, non ! Tant pis pour les oubliés de la République, pour les sans-grade, les plus modestes… Ce lundi 14 décembre, la ministre du travail, Myriam El Khomri, a annoncé aux partenaires sociaux que le gouvernement refusait de donner un « coup de pouce » au salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC), pour aider les salariés les plus modestes. Au 1er janvier 2016, le salaire minimum ne sera donc revalorisé que du montant minimum imposé par la loi, soit le niveau de l’inflation hors tabac majoré de la moitié du gain de pouvoir d'achat du salaire horaire de base ouvrier et employé (SHBOE). Autrement dit, la hausse sera limitée à seulement +0,6 %. Concrètement, le Smic horaire brut va donc passer de 9,61 euros à 9,67 euros de l'heure. De son côté, le Smic mensuel sera revalorisé de 9 euros pour atteindre 1 466,62 euros brut sur la base de 35 heures, contre 1 457,52 euros brut aujourd'hui. Cela correspond donc à un Smic net mensuel proche de 1 143 euros, en hausse de seulement 6 euros.

 

Myriam El Khomri a fait valoir – perpétuel refrain de la pensée unique néolibérale – que, « dans le contexte actuel », un coup de pouce ne serait pas « la meilleure solution pour augmenter le pouvoir d'achat compte tenu de ses effets sur le coût du travail et donc l'emploi ». Mais la ministre du travail a-t-elle seulement réfléchi à ce qu’elle disait. Près de 6 euros de hausse mensuelle : cela ne fait pas même 19 centimes d’augmentation par jour. Encore une fois, une aumône. Dans un pays rongé par le chômage et la précarité, presque une provocation…

Mais chaque année, le gouvernement a aussi la possibilité d’aller au-delà de l’indexation minimale prévue par la loi – c’est cela précisément que l’on a coutume d’appeler le « coup de pouce » – pour conforter le pouvoir d’achat des salariés en bas de l’échelle des rémunérations. C’est donc ce « coup de pouce » que le gouvernement a refusé pour 2016. Alors qu’il aurait pu faire un geste de faible portée, juste pour montrer qu’il était à l’écoute du pays, il s’y est donc refusé. Pas même 20 centimes de l’heure en plus ! Pas même 10 centimes ! Pas même 5 centimes ! Non... rien ! Pour ce premier arbitrage post-régionales, François Hollande et Manuel Valls ont adressé au pays un message lourd de sens : tout continue comme avant. Comme si le pays n’avait pas voté ! Comme si nous ne courrions pas à la catastrophe.

Par:  Laurent Mauduit et MEDIAPART.

 

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