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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Air France : sans chemises contre sans-culottes (ou la violence de l’oligarchie).

 
air france sans chemise sans culottes

Ce lundi 5 octobre 2015, deux membres de la direction d’Air France ont été pris à partie par des manifestants : Pierre Plissonnier, directeur d’Air France à Orly et Xavier Broseta, directeur des ressources humaines. Les images des deux hommes escaladant des grilles et voyant leurs chemises se faire arracher par les manifestants ont fait le tour du net, des médias et même du monde.

Immédiatement, c’est la levée de bouclier contre cette « violence ». Toute la belle société économique, politique et médiatique « s’indigne » et « condamne ». L’oligarchie se dévoile en tant que telle : un groupe soudé qui défend les siens quand ils sont attaqués.

Ainsi, la direction d’Air France annonce qu’elle portera plainte « pour violences aggravées » ; Manuel Valls se dit « scandalisé » ; le MEDEF publie un communiqué dénonçant des violences « inacceptables et scandaleuses » ; Emmanuel Macron publie un tweet dénonçant les « irresponsables » qui ont mené ces « violences » et ajoute, sans rire, que « rien ne remplace le dialogue social » ; toute la journée, les médiacrates redoublent de condamnations qu’il m’est ici impossible de lister. Les médias, les riches et les politiques main dans la main pour défendre l’ordre établi : voici l’oligarchie.

Mais qui parle de la violence que représentent les 2 900 suppressions de postes annoncées[1] par la direction ? Qui dit qu’au moins 45 000 personnes se suicident chaque année à cause du chômage ? Qui dit que, si on se base sur ces chiffres, le chômage est une cause de suicide dans environ 20% des cas ? Qui dit que le taux de suicide augmente avec le chômage ?

 

Qui dira que la violence qui est faite aux salariés qui vont perdre leur emploi est bien plus violente que l’acte d’arracher une chemise à un nanti ? Qui racontera l’histoire de celles et ceux dont le chômage sera synonyme d’un divorce ? Qui racontera l’histoire de celles et ceux qui ne pourront pas rembourser leur crédit et perdront leur voiture ou leur maison ? Qui racontera l’histoire de celles et ceux qui ne pourront plus s’acheter de nouveaux vêtements sans se priver sur la nourriture ?

 

La violence que subit une personne mise au chômage n’est pas aussi cinématographique que la violence que subit l’homme propre sur lui dont on arrache la chemise. Elle n’est pas cinématographique, donc les médias ne la montreront pas et n’en parleront pas. Elle n’est pas visuelle donc pas visible, parce que le système médiatique fonctionne sur le mode du spectacle (et parce que sa pente naturelle est de défendre les intérêts de l’oligarchie, mais c’est une autre histoire).

Ce 5 octobre, la violence était, pour une fois, des deux côtés. C’est assez rare pour que l’oligarchie toute entière s’en « inquiète », « dénonce », « condamne », etc. Dès qu’on rend les coups, ils tremblent. C’est qu’ils ont perdu l’habitude.

Mais vous savez quoi ? À choisir entre la violence des sans chemises et celle des sans-culottes, je suis du côté des sans-culottes. C’est à dire du côté de celles et ceux qui subissent tous les jours la violnce des puissants, mais dont on ne parle jamais.

 

Par: d'Antoine LEAUMENT.

[1] Quand on est du côté de la direction, on a le droit d’« annoncer » sans dialogue social. C’est dans l’autre sens que c’est interdit de ne pas dialoguer. Mais le monologue antisocial est tout à fait admis quand on est un oligarque.

 

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