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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Voter PS ? Impossible depuis 2005 et son «OUI» au Traité Constitutionnel Européen.

Voter PS ? Impossible depuis 2005 et son «OUI» au Traité Constitutionnel Européen ( par Régis de Castelnau )

Mon camarade Jérôme Leroy vient de faire son coming out. Nous annonçant dans ces colonnes « voter PS, plus jamais ça ! » Il ne respectera plus la « discipline républicaine ». Eh bien, pas trop tôt ! Certes il nous dit avoir fait preuve d’une patience infinie mais en arrangeant un peu l’Histoire. D’abord d’où sort cette « discipline républicaine » ? Elle est utilisée dans l’acception de Jérôme depuis la signature du programme commun en 1972. Et a perduré par la suite, essentiellement pour des raisons alimentaires. Cela permettait des désistements, mais aussi des alliances pour conserver des collectivités locales bien utiles à la reproduction des organisations et à l’entretien d’un certain nombre de permanents. Ce n’était pas déshonorant et cela permettait de bricoler un « communisme municipal » qui pouvait avoir parfois de beaux restes. Mais, si l’on change de perspective en regardant un peu l’Histoire dans le temps plus long, on constate qu’il y a longtemps que cette discipline républicaine aurait dû être abandonnée.

Sans revenir en détail sur la guerre d’Espagne, l’interdiction du Parti Communiste en septembre 1939, le vote majoritaire des pleins pouvoirs à Pétain le 10 juillet 40, la rupture de 1947, la guerre d’Algérie, on voit bien que la « discipline républicaine » chimiquement pure c’est d’abord à la création de « l’Union de la gauche » en 1972 qu’elle s’installe. Jusqu’en 1977, avec la rupture du programme commun. Le désistement au profit de François Mitterrand au deuxième tour des présidentielles de 1981 était drôlement contraint. Conséquence de la cuisante défaite du premier tour, défaite qui fut le premier pas vers l’effondrement. Je suis assez bien placé pour savoir quelles étaient les consignes de la direction du Parti en sous-main…

Dans leur histoire, les socialistes ont toujours capitulé d’abord avant de trahir. Depuis 1983, et le « tournant de la rigueur » la capitulation est définitive. Les choses sont claires. Dans la récente polémique  – où le PCF a demandé en pleurnichant des excuses à François Hollande pour avoir dit que la lecture du programme du FN donnait l’impression de celle d’un tract du Parti Communiste des années 70 –, pas grand monde n’a relevé que François Hollande avait raison. Et l’opportunisme cynique des dirigeants du FN n’est pas le sujet. Mais personne n’a dit non plus  qu’on lisait la même chose sur les tracts du PS à ce moment-là… Qui a changé, qui a trahi ? Heureusement que Lionel Jospin n’a pas été élu président de la république en 2002, il aurait probablement suivi Georges Bush en Irak l’année suivante. Capituler, trahir leurs engagements, avec les socialistes on a l’habitude. Alors, on pourrait me dire que la discipline républicaine est susceptible de s’appliquer au coup par coup, et que contrairement à ce que dit Jérôme Leroy, Rebsamen et Macron ne sont peut-être pas les pires.

Mais il se trouve que nous avons désormais un gros os coincé dans la gorge. Un très gros os. Il y a précisément dix ans, le 29 mai 2005, se déroulait un référendum. Les Français étaient consultés pour savoir s’ils voulaient ratifier le traité constitutionnel européen. Le Parti Socialiste avait officiellement choisi de faire campagne pour le « oui ». Avec l’ensemble des médias, de l’intelligentsia autorisée, des élites universitaires, dans un incroyable déferlement où ceux qui s’y opposaient – ou simplement se posaient des questions – étaient traités d’imbéciles quand ce n’était pas de nazis. Et l’on vit alors un peuple que l’on annonçait dans les sondages quelques semaines avant le scrutin, à 60 % pour le « oui » se cabrer. Et répondre non à 55 %, renvoyant les élites blêmissantes à leurs chères études. Pour moi qui ai tant perdu d’élections dans ma vie, ce fut une belle journée. Et un joli souvenir.

Et c’est là que le parti socialiste a commis le pire. La capitulation et la trahison sont dans sa nature, et il n’est pas le seul. Mais le pire, c’est que battu à la loyale et à la régulière, il a préféré fouler aux pieds la démocratie, renier ses principes, et en clair commettre une forfaiture.

Nicolas Sarkozy, dans sa campagne pour les présidentielles de 2007, avait annoncé la mise en place d’un « nouveau traité » jumeau du précédent, et que celui-ci serait ratifié par le Parlement. Au moins, lui avait annoncé la couleur. Le problème, c’est que cette ratification nécessitait une réforme préalable de la Constitution. Et lorsque celle-ci est effectuée par voie parlementaire, ce doit être avec une majorité renforcée des deux chambres réunies en congrès. Sans l’apport empressé du Parti socialiste lui passant les plats, Nicolas Sarkozy n’aurait pas pu réunir cette majorité qualifiée et ainsi violer la volonté du peuple français clairement exprimée. Ce vote s’est déroulé le 4 février 2008. On trouvera au Journal Officiel  les noms de la poignée de ces socialistes qui ont sauvé l’honneur en refusant l’ignominie.

Alors, voter pour le PS, avant c’était déjà difficile, mais après le 4 février 2008 c’est définitivement plus jamais ! Pourtant beaucoup l’ont fait. Le 6 mai 2012 précisément, ils ont choisi pour diriger le pays un apparatchik inconsistant dont chacun connaissait le niveau, le cynisme et surtout la nature de ses engagements politiques. Tout le monde aurait dû savoir que la catastrophe était inévitable. Qui pouvait croire au « Hollandisme révolutionnaire ». Que la « guerre à la finance » n’était pas qu’une petite blague ? Que Sapin, Moscovici, Rebsamen, Désir, Cambadelis et tant d’autres feraient autre chose que ce qu’ils font ?  Seraient autre chose que ce qu’ils sont ?

Le 6 mai 2012, il n’aurait pas dû être question de discipline républicaine. Le choix était entre deux scénarios. Tout d’abord reconduire Nicolas Sarkozy pour faire une politique qui n’aurait pas pu être pire que celle de François Hollande mais dans des conditions différentes. C’est-à-dire avec une opposition encore consistante. Hégémonique dans les collectivités territoriales, et solidement implantée dans la société civile. Cela se défendait.

Ou bien, choisir François Hollande en sachant que c’était le passeport pour l’aggravation de la crise, le désarmement des luttes, la poussée du Front National. Mais aussi le passeport pour la destruction de cette gauche-là et de son Parti Socialiste. De fond en comble. Le travail est déjà commencé avec les catastrophes des élections locales. Le discrédit est tellement massif, tellement démobilisateur qu’il est peu probable que François Hollande soit au deuxième tour en 2017. Nicolas Sarkozy sera réélu président. Le Front National sera à 35 %, et les socialistes auront entre trente et cinquante députés aux législatives suivantes. Il ne reste plus qu’à espérer que Sarkozy puisse servir d’amortisseur à ce brutal coup de barre à droite. Est-ce possible ? Malheureusement, comme son véritable adversaire sera alors le FN, sa tâche prioritaire sera de le réduire, comme il avait commencé à le faire en 2007. Et ce ne sera pas en se plaçant au centre-gauche.

Et c’est peut-être là que finalement cela devient intéressant. Pour qu’émerge en France un mouvement comme Syriza ou Podemos, le préalable de la destruction de ce parti socialiste est incontournable. Et après il faudra s’occuper du Front National. Les ouvriers et les salariés d’exécution des services, c’est-à-dire les couches populaires, votent pour lui. Il faut les lui reprendre. Alors, une « alliance objective » sur ce point (et seulement sur celui-là…) avec le sarkozysme ?

Chiche ?

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