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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

La BCE peut changer de rôle dès maintenant.

Heinz Bierbaum, économiste, dirigeant de Die Linke, député de l’Assemblée du land de Sarre, et Denis Durand, économiste à la Banque de France, dirigeant du PCF, participeront ce week-end au Forum européen des alternatives qui se tient à Paris. Ils répondent aux questions de Bruno Odent, du journal l’Humanité.
La politique actuelle de la Banque centrale européenne (BCE) qui consiste à inonder les marchés de liquidités est-elle appropriée pour faire face à la crise et à la relance de l’emploi en Europe ?

Denis150Denis Durand. Depuis 2008, la BCE prête aux banques des milliards d’euros, à guichet ouvert. Depuis octobre dernier, elle ne leur fait payer pour cela que des intérêts au taux de 0,05 %. Malgré ces mesures sans exemple en temps de paix, la zone euro continue de s’affaiblir dans la concurrence internationale et la déflation menace. En désespoir de cause, la BCE a décidé d’injecter 1 140 milliards d’euros supplémentaires sur les marchés financiers, à raison de 60 milliards chaque mois jusqu’en septembre 2016.
Mais ce sont les marchés qui vont décider de ce qui va être fait de cet argent ! En revanche, la BCE refuse de prêter à l’État et aux banques grecques l’argent dont ils manquent cruellement pour rendre l’économie efficace et donner du travail aux 25 % de chômeurs que compte le pays. Dans toute l’Europe, les banques répugnent à financer les projets visant à créer des richesses dans les territoires, à consolider l’emploi et à développer les services publics car elles ne les considèrent pas comme suffisamment rentables. Cela prépare de futurs krachs, encore plus graves que celui de 2007-2008.

Dielink150Heinz Bierbaum. Cette politique dite d’assouplissement quantitatif (l’activation de la planche à billets pour racheter massivement des bons du trésor – NDLR) n’est pas une mauvaise chose. Mais elle ne peut avoir d’effet positif qu’à partir du moment où elle est reliée à une orientation économique aux critères tout à fait différents de ceux qui constituent la norme d’aujourd’hui. Ainsi la Grèce, qui aurait le plus besoin d’accéder à de nouvelles liquidités pour faire face à l’urgence, se trouve-
t-elle, de fait, exclue du plan de la BCE.
Dans des conditions inchangées, cette politique ne peut que nourrir le risque de nouvelles spéculations financières. Loin de stimuler le crédit et l’emploi, les liquidités bon marché émises par la BCE vont faire surgir de nouvelles bulles spéculatives.
De plus, cette politique a des effets collatéraux très néfastes sur les petits épargnants dont les économies se trouvent dévalorisées par des taux d’intérêt très bas. L’assouplissement quantitatif ne peut avoir d’effet salutaire que s’il est relié à une politique de forte relance des dépenses publiques, donc en rupture avec l’austérité.

 
Quel devrait être le contenu d’une autre politique de la BCE en faveur du crédit au service de l’emploi ?

Denis150Denis Durand. Il faut que les immenses gains de productivité apportés par les technologies informationnelles servent à développer les capacités humaines sur toute la planète en économisant les ressources naturelles, et non en nourrissant la croissance insensée des profits financiers. Il y a un moyen de faire reculer la dictature des marchés financiers : imposer une tout autre orientation aux crédits bancaires. C’est l’affaire d’une nouvelle sélectivité de la politique monétaire : pas d’argent de la BCE pour les banques qui alimentent la finance !
De l’argent à 0 % pour celles qui financent la création d’emplois et de richesses dans les territoires. La BCE le reconnaît à sa façon puisqu’elle distribue depuis octobre dernier des refinancements ciblés sur les crédits aux entreprises.
Mais sans critères précis, cet argent ira aux profits et non à l’emploi et aux services publics. C’est pourquoi les citoyens doivent conquérir de nouveaux pouvoirs, dans les quartiers, dans les entreprises, pour imposer aux banques, qui gèrent notre argent à tous, de se conformer à leur responsabilité sociale. Avec des outils concrets : un pôle financier public ; un fonds de développement économique, social et écologique européen, financé par la BCE. C’est possible sans attendre la modification des traités européens, avec l’appui technique de la Banque européenne d’investissements.

Dielink150Heinz Bierbaum. Le rôle de la BCE doit être revu fondamentalement. Elle doit devenir aussi responsable de l’évolution de l’emploi. Elle doit être en capacité de financer de grands plans d’investissements dont les États membres ont besoin en leur prêtant directement de l’argent à taux quasiment nul. Il s’agit de mobiliser les fonds nécessaires à une transition écologique et industrielle dont il n’est guère besoin de préciser le caractère crucial. Ces plans d’investissements publics sont absolument indispensables partout en Europe et leur réussite est liée au développement de bons emplois stables et qualifiés.
Les statuts de la BCE n’autorisent pas ces financements directs aujourd’hui. Il faut donc les modifier pour que sa politique monétaire serve enfin l’emploi et non plus la spéculation financière. Sachant les délais nécessaires à un tel changement de statuts, rien n’empêcherait d’accélérer le processus en créant une banque publique européenne. Elle serait autorisée, elle, à se refinancer à taux quasi nul auprès de la BCE et pourrait prêter l’argent nécessaire aux grands investissements publics que j’évoquais. On peut donc agir sans attendre.
 
Par: Bruno Odent, du journal l’Humanité.
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