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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

"L’argent de la BCE n’est pas qu’une bataille grecque"»

 

austergrecraybis
Pour l’économiste communiste Frédéric Boccara, la création d’un fonds solidaire est indispensable pour réorienter enfin la construction européenne et permettre aux États membres de financer à taux zéro les services publics et la formation, dont ils ont un besoin urgent.
 
En tournée en Europe, le nouveau gouvernement grec tente de renégocier sa dette. Quels en sont les enjeux ?
Frédéric Boccara. Renégocier est une nécessité, mais pas pour appliquer l’austérité de la troïka. Avec un taux à 10 %, la Grèce paie 27 milliards uniquement pour le service de sa dette par an. 27 milliards d’euros, cela représente plusieurs fois le budget de l’éducation nationale. Ces profits indus ne doivent plus être versés. D’autant que cela ne serait pas une perte, juste un manque à gagner pour les bailleurs de fonds. Pour la zone euro, la dette grecque représente seulement 2,3 % du PIB. Une goutte d’eau qui peut causer de graves problèmes. Reste à savoir à quelles conditions une renégociation de la dette grecque se réalise. Si l’austérité reste la contrepartie et si la dette reste sous influence des marchés financiers, alors les taux continueront de grimper, la finance reprendra la main et il n’y aura pas de véritable développement économique et social. Ce n’est pas qu’une bataille grecque.

 
En quoi ?
Frédéric Boccara. La Banque centrale européenne a annoncé mettre 1 140 milliards d’euros dans l’économie européenne en quinze mois. Cet argent peut aider à racheter une partie des titres de la dette. Mais surtout, il pourrait être utilisé de façon à financer les services publics, ce qui stimule immédiatement la demande. Une autre partie des liquidités mises à disposition par la BCE pourrait être utilisée pour l’appareil productif et pour la création d’emplois par les entreprises en imposant d’autres conditions aux banques : celles-ci devraient fournir ces liquidités à bas taux pour les prêts aux investissements porteurs d’emplois et pénaliser à l’inverse la spéculation ou les délocalisations.

 
Cela va dans le sens de l’idée d’un fonds européen solidaire de développement économique, social et environnemental pour répondre aux besoins sociaux, avancée lors du congrès du Parti de la gauche européenne (PGE), dont le PCF et Syriza font partie…
Frédéric Boccara. Oui. Et le 10 avril nous avons organisé une conférence conjuguant propositions de renégociation et de nouvelles dépenses de développement. Le traité de Lisbonne interdit que la Banque centrale prête directement aux États, mais il autorise le financement direct aux institutions financières publiques. En créant ce fonds, ou en utilisant les institutions financières qui existent déjà (comme la Banque européenne d’investissement), même si elles ne sont pas tout à fait dédiées à cela, nous aurions un outil permettant une politique monétaire expansive, sociale et ciblée sur l’emploi. Le cœur du développement économique en Europe est avant tout une question de démocratie. C’est pour cela que ce fonds doit être géré démocratiquement et compter en son sein des représentants des Parlements nationaux et européen et des représentants syndicaux, et le doter d’un droit de saisine par le terrain.

 
Le rapport de force actuel peut donc s’inverser ?
Frédéric Boccara. Si les dirigeants de l’UE ont bougé sur les 1 140 milliards d’euros et sur le plan d’investissements de Junker, c’est bien que l’effet réel des politiques conduites jusqu’ici mais aussi les mobilisations et de la colère sociale qui s’expriment partout en Europe les contraignent à proposer autre chose. Mais ils restent prisonniers de leur dogme. S’ouvre une période de luttes politiques pour exiger que l’argent des Européens, l’euro, serve enfin à développer les services publics et l’emploi !
 
Par: F. BOCCARA.

 

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