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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

La réouverture des urgences de l’Hôtel-Dieu.

La réouverture des urgences de l’Hôtel-Dieu.

Mardi, dans une lettre adressée à la CGT, Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris confirme la réouverture du service d’urgence, fermé en novembre dernier. Une note d’espoir pour tous les défenseurs du système de santé mobilisés depuis des années, comme le sont les clichois le sont pour sauver Beaujon. À la CGT, on ne veut pas crier victoire trop vite. Pourtant, l’annonce faite par le directeur général de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), Martin Hirsch, de rouvrir les urgences de l’Hôtel-Dieu ainsi que des lits d’hospitalisation est vécu comme une « vraie bouffée d’oxygène » par tous les défenseurs de cet hôpital de proximité en lutte depuis des années maintenant.


« Rouvrir les urgences de l’Hôtel-Dieu et dire qu’il y aura des lits, c’est un signal fort », se félicite Christophe ­Prudhomme, de la CGT Santé, notant une « véritable inflexion dans la politique de l’AP-HP ». « C’est un changement d’orientation positif », renchérit Rose-May ­Rousseau, la secrétaire générale de l’Usap CGT, d’autant plus satisfaite que cette avancée reprend les propositions portées par la CGT et soumises, certes à plusieurs reprises, à la direction, dans le cadre de la consultation sur le nouveau plan stratégique de l’AP-HP. « Je me suis efforcé de conjuguer vos propositions (…) avec les réflexions conduites par le comité stratégique. (…) Je suis en mesure de répondre favorablement à la majorité des propositions que vous formulez », répond ainsi Martin Hirsch, dans une lettre adressée le 17 juin à la secrétaire générale de l’Usap CGT (lire ci-contre), parlant lui-même d’un « véritable infléchissement par rapport au projet initial ».


S’il ne précise pas dans quelles conditions le service des urgences de l’Hôtel-Dieu rouvrira, ni combien de lits lui seront affectés, le directeur général explique en substance que les pompiers et les ambulances vont réacheminer des patients dans le service, évoquant l’idée d’un service d’accueil des urgences « bi-site » partagé entre Cochin et l’Hôtel-Dieu. Il précise qu’un « travail est engagé avec la brigade des sapeurs-pompiers pour mettre en place une régulation en lien avec le 15 (…) qui permettra de redonner accès aux ambulances et aux véhicules de pompiers ».
Un « consensus devrait être trouvé » sur l’idée d’une régulation pompiers et Samu afin de délester les autres SAU (service d’accueil des urgences) parisiens des patients ne nécessitant pas une prise en charge lourde. Il note par ailleurs que les urgences médico-judiciaires, installées à l’Hôtel-Dieu, « ne seront pas remises en cause ».
« Une réponse favorable » pourrait également être apportée à la proposition de mettre en place une « polyclinique de consultations adossée à un plateau technique et à un hôpital de jour permettant d’offrir un accès rapide et facilité aux médecins de ville et à des consultations spécialisées pour leurs patients ».


Martin Hirsch semble aussi « en mesure de donner une orientation positive », comme il l’écrit, à la mise en place d’un centre de soins de suite et de rééducation qui faciliterait la prise en charge des patients âgés intra-muros. Enfin, une place « importante » devrait être donnée à la psychiatrie, mais aussi à l’hospitalisation à domicile. Il n’y a que sur l’idée d’une plate-forme de chirurgie ambulatoire, dont la principale composante serait l’ophtalmologie, que l’AP-HP ne suit pas. Mais Martin Hirsch semble s’engager à maintenir l’activité jusqu’en 2016 et veiller « à la continuité des moyens pendant cette période, tant en effectifs qu’en équi­ pements ».
« C’est une très bonne nouvelle pour les Parisiens », s’est félicité Nicolas Bonnet, porte-parole du groupe communiste-Front de gauche au Conseil de Paris. Du côté de la CGT, on ne peut que saluer ces propositions, tout en émettant quelques réserves. « Martin Hirsch ne s’est pas engagé sur les lits de médecine d’aval », déplore ainsi Rose-May Rousseau.
« Il y a encore du travail, il faut discuter, notamment de la faisabilité du projet. Mais même s’il faut y aller doucement, on le fera. C’est le rapport de forces qui fera évoluer la situation. » « On a un interlocuteur (Martin Hirsch –NDLR) qui a mis du temps avant de prendre ses marques et nous a annoncé un changement d’orientation qui me semble positif, même si ce n’est pas complet. Combien de lits vont rouvrir ? Comment ? On ne sait pas encore. On est dans la stratégie des petits pas. Mais cela va nous permettre de travailler dans un autre climat, aussi bien pour l’offre de soins que pour les conditions de travail des personnels », se félicite Christophe Prudhomme, partie prenante de la lutte depuis ses débuts.


Implanté en plein cœur de Paris, sur l’île de la Cité, l’Hôtel-Dieu est en effet menacé depuis des années. Il devait, dans le cadre du plan stratégique 2010-2014, se transformer en un « hôpital debout ». Il s’agissait de faire un hôpital qui serait fermé la nuit et ouvert en journée pour des consultations. Dans cette optique, les urgences ont été fermées en novembre dernier, sachant que le démantèlement était déjà effectif, plusieurs services ayant été transférés à l’hôpital Cochin (pneumologie, chirurgie thoracique, psychiatrie, médecine interne…) : une stratégie bien rodée, s’agissant de ne plus investir dans l’établissement pour justifier sa fermeture au motif de l’obsolescence de ses équipements. Comme on dit, quand on veut tuer son chien, on l’accuse d’avoir la rage ! Mais c’était sans compter l’engagement des personnels, de certains médecins, des syndicats, d’élus locaux et de la population, inquiète de voir s’installer un véritable désert sanitaire en plein cœur de Paris. « Supprimer des lits intra-muros, c’est un non-sens, fulminait le docteur Christophe Prudhomme à l’époque. Il en manque.

Aujourd’hui, les patients attendent des heures sur un brancard. Venez dire à mes patients qui sont dans les couloirs ce que c’est qu’un hôpital debout… » Lui, comme ses collègues avaient prévenu à plusieurs reprises que ces réorganisations risquaient d’avoir des conséquences sur la sécurité des patients. Ce qui a fini par arriver, en février dernier, telle la chronique d’un accident annoncé. Une patiente âgée qui s’était présentée dans l’après-midi aux urgences de l’hôpital Cochin a été retrouvée morte dans la salle d’attente. Ce qui a relancé le débat sur l’Hôtel-Dieu…
Est-ce la pression constante des défenseurs de l’Hôtel-Dieu qui a permis de débloquer la situation ? L’arrivée à la mairie de Paris d’Anne Hidalgo, qui, dans son livre Mon combat pour Paris, écrivait qu’elle était particulièrement vigilante à ce que « les services d’urgence de proximité soient maintenus partout dans la capitale » ? Ou encore la nomination de Martin Hirsch à la tête de l’AP-HP à l’automne dernier, son prédécesseur, Mireille Faugère, ayant été incapable d’instaurer un véritable dialogue social ? Les trois facteurs ont joué, sans nul doute.
Comme le souligne Nicolas Bonnet, « le fait qu’Anne Hidalgo, la maire de Paris, se porte aujourd’hui candidate à la présidence du conseil de surveillance de l’AP-HP (c’était l’adjoint à la santé sous le précédent mandat de Bertrand Delanoë qui en était le président– NDLR) est un signal fort de retour du dialogue social », estime l’élu parisien.

« Quand on peut instaurer le dialogue social, on constate qu’on peut avancer sur des choses, d’autant plus quand on est en mesure de faire des propositions alternatives. Là, on est en position de force », abonde Christophe Prudhomme, même s’il admet que la situation est unique. « Partout, ça tape très fort dans le domaine de la santé. Des luttes se mènent, parfois violentes localement, comme par exemple dans le Haut-Rhin, où trois infirmières ont été convoquées à la gendarmerie car elles n’ont pas payé leurs cotisations à l’ordre et ont été menacées d’exercice illégal de la profession. Et au niveau national, quand la Cour des comptes préconise de ne plus remplacer un départ sur trois dans la fonction publique hospitalière, c’est grave. On va vers l’atrophie du secteur. » L’heure est a la relance de l’action coordonnée pour sauver Beaujon.

Par: Dialogue des Élus.

Notes: Des milliers de pétitions ont fait reculer le gouvernement qui voulait fermer les urgences de l’Hôtel Dieu.

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