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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Après le 2e tour, le Front de Gauche au défi.

Il faudra bien sûr du temps pour prendre la mesure des bouleversements politiques et sociaux que révèlent les élections municipales, mais il faut essayer de commencer à tirer quelques enseignements, qu’il faudra approfondir pour nourrir notre discussion collective. Quels sont les mouvements et les contradictions qui sont à l’œuvre dans un champ politique en pleine reconfiguration ?

- La politique du gouvernement n’est pas seulement sanctionnée, c’est l’électorat du Parti Socialiste qui se fracture ! Dans de nombreuses villes, la désaffection de l’électorat est brutale et massive. Certains résultats enregistrent des chutes de plus de 20 points par rapport aux dernières élections (Chambéry : -14 ; Laval : -15 ; Angers : -15,5 ; Brignoles : -16 ; Caen : -17 ; Grenoble : -17 ; Tours -19, Clermont : -18, Liévin : -20, Nantes : -21, Aulnay : -21, Orléans : -21, Limoges : -26, Roubaix : -27…). Avec un problème posé aux dirigeants socialistes : comment espérer regagner ces électeurs et empêcher que cette fracture ne s’approfondisse dans les prochains scrutins ? L'ex porte parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a bien indiqué avoir entendu l’exigence de plus de « justice sociale », ce qui parait difficile quand le Président de la République a lui-même fait de la politique d’austérité massive un « moment de vérité » pour le pays qui va commencer par l’annonce détaillée de 50 milliards d’euros d’économie prévue pour le 15 avril prochain sous la pression de la Commission de Bruxelles.

Hollande est déterminé à ne pas changer le cap dans lequel il s’est engagé depuis qu’il est élu et n’a guère que la solution d’un remaniement précipité pour mettre en place un nouveau gouvernement chargé d’appliquer la même politique …

- La droite, malgré le poids des multiples affaires politico-judiciaires, engrange une série de victoires, est en position de gagner de nombreuses villes au second tour du fait de l’abstention à gauche, et réalise quelques percées (en Seine Saint Denis par exemple). Mais l’UMP ne bénéficie pas d’une poussée massive à l’échelle nationale. Ses scores, en nombre de suffrages exprimées, restent souvent semblables à ceux de l’élection de 2008 (qui était une année de recul pour la droite) mais elle bénéficie à plein de l’abstention à gauche et également de l’absence de nombreuses listes MODEM. Ce qui permet au final à l’UMP d’afficher des pourcentages de suffrages reçues en progression. Même le score symbolique de Jean François Copé dans son fief de Meaux marque un recul de 4 points par rapport à 2008 et une perte de 500 voix.

- Mais le rapport de force global est surtout marqué par une progression et un enracinement du Front National. Ce phénomène a été largement traité et détaillé depuis deux jours. Outre les zones d’enracinement historiques dans le Sud Est et le Nord Est, il serait utile de comparer la progression du Front National avec la carte des manifestations contre le mariage pour tous pour saisir les dynamiques et les interactions entre les mobilisations du peuple de droite et le champ politique. Et s’il s’enracine localement, le Front National est toujours confronté à un problème stratégique pour se poser, pour l’instant, comme « force de gouvernement ». Comment atteindre le pouvoir, à moins de miser sur une crise politique majeure qui bouleverse le jeu institutionnel, en refusant toute alliance nationale avec la droite traditionnelle ? Cette attitude repose sur le pari de la dislocation de la droite française, qui est actuellement prise entre de multiples secousses, mais qui garde encore de solides ancrages.

- Dans cette situation difficile marquée par une droitisation du paysage politique, la situation du Front de Gauche est contrastée. Il n’a pas disparu du paysage politique (que ce soit dans le maintien de la plupart des mairies PCF ou dans les scores de la plupart des listes du Front de Gauche qui dans de très nombreuses villes tournent autours des 8/10%). Fait important : il y a une déconnection entre le vote Front de Gauche qui se maintient et qui n’est pas entraîné dans le recul important que subit le PS. A présent le nouveau rendez-vous électoral décisif se présente avec les européennes. Pour autant, il ne pourrait se satisfaire de se contenter de « gérer » son espace politique. Son ambition reste de contester l’hégémonie du Parti Socialiste à gauche et de construire une alternative à la politique d’austérité du gouvernement. Deux défis majeurs apparaissent avec force à l’issue de ce premier tour de scrutin municipal.
- Il n’y aura pas de raccourci, ni de miracle soudain, ni de sauveur suprême, qui hisserait le Front de Gauche comme une force capable de faire prévaloir une orientation de rupture au sein de la gauche. Développer le travail avec ses partenaires qu’ils soient électoraux (EELV dont la stratégie d’autonomie a connu des succès et qui apparaît moins comme responsable de la politique d’austérité et dans un rapport conflictuel avec le gouvernement, mais aussi le NPA et des collectifs citoyens qui ont été partie prenantes des campagnes dans certaines localités et dans le cadre des prochaines Européennes avec des forces issues du PS avec lesquelles des accords pourraient se concrétiser) mais également sur des prochaines échéances politiques importantes (marche du 12 avril contre l’austérité qui a permis d’engager un travail commun avec des militants syndicaux et associatifs, initiatives contre le Grand Marché Transatlantique).

- La question politique majeure de l’abstention et de la désaffection vis-à-vis du champ politique ne peut être contournée. La réponse à y apporter ne peut se limiter simplement à trouver de bonnes raisons de convaincre ceux qui ne votent plus d’aller à nouveau dans l’isoloir. C’est le sens même de la politique, de son horizon, et des pratiques de transformation sociales et écologiques qui sont à redéfinir. C’est en fait là le grand défi pour le Front de Gauche dans sa capacité à être une force sociale porteur d’une culture démocratique, participative, de la mobilisation et de l’intervention de chacun sur les affaires qui nous concernent tous. C’est une question qu’il n’a jamais réellement abordé depuis sa constitution et qu’il devient urgent de prendre à bras le corps.

Par: Le Galicien.

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