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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Négociations Unedic. Le récit de Sophie Tissier, intermittente intrépide.

Négociations Unedic. Le récit de Sophie Tissier, intermittente intrépide.

Révélée malgré elle pendant le direct de l’émission Touche pas à mon poste sur D8, l’intermittente s’est progressivement imposée comme une porte-voix vigilante et combative des précaires de l’audiovisuel.

«J’ai envie de travailler avec vous mais j’ai envie de gagner ma vie. » C’est par ces mots lâchés avec des trémolos dans la voix que Sophie Tissier, opératrice prompteuse de trente-neuf ans, tirait la sonnette d’alarme le 30 mai 2013 pendant le direct de l’émission Touche pas à mon poste. Profitant de la présence, ce jour-là, d’un invité politique peu coutumier de ce genre de programme (Jean-Luc Mélenchon), elle s’emparait du terrain médiatique pour dénoncer la baisse de salaire brutale (– 25 % dans son cas) accusée par les intermittents de la chaîne D8 depuis son rachat par le groupe Canal Plus. Muré derrière un sourire feignant l’empathie, Cyril Hanouna – animateur vedette de ce programme qui réalise 240 000 euros de recettes publicitaires journalières – l’avait laissée dérouler son argumentaire à l’antenne. « Lanceuse d’alerte pacifique et honnête » plus que frondeuse, la technicienne confie n’avoir « pas dormi pendant plusieurs jours avant l’intervention ».

Par ce geste percutant, Sophie Tissier brisait l’omerta. Elle essuyait aussitôt les foudres de sa hiérarchie, qui l’évinçait des plannings. En réponse à ce cri de détresse, « pavé jeté dans la mare pour mettre enfin une lumière sur les précaires de l’audiovisuel », elle dut affronter le mur du silence et la perte consécutive de son revenu principal (1 400 euros mensuels). Un désarroi amplifié par le refus de la DRH de D8 de la recevoir. Une question brûlait pourtant ses lèvres : « Pourquoi les salariés n’ont à aucun moment été avertis du changement de convention collective ? » Faute de dialogue possible, c’est devant les prud’hommes de Boulogne que son ancien employeur devra répondre de plusieurs griefs (« malfaçons et entorses au suivi normal des négociations salariales et requalification de (ses) contrats CDD en CDI ») le 25 mars prochain. Moins d’un an après ce coup d’éclat, Sophie n’a rien perdu de son entrain ni de son ardeur à militer contre un système qui ordonne insidieusement aux intermittents « de faire profil bas ou de prendre la porte ». Si le chemin est long tant « les intermittents sont muselés par la peur », elle peut compter sur le soutien officieux du milieu. « En off tout le monde me félicite », explique celle qui refuse de voir ses pairs cantonnés à « une main-d’œuvre docile, sous pression et corvéable ».

Côté professionnel, la solidarité joue à plein. Des producteurs convaincus de son professionnalisme et que « son combat est juste » lui assurent une dizaine de piges par mois. Signe de sa ténacité et de sa volonté de faire front contre la campagne calomnieuse du patronat, elle siège depuis plusieurs semaines comme représentante non officielle au comité de suivi des négociations Unedic. Pour cette intermittente du spectacle qui s’est frottée pendant trois ans à la « dure réalité d’intérimaire », la défense des régimes spécifiques est d’autant plus nécessaire que le moindre recul signifierait une victoire du Medef, « effrayée par l’idée qu’ils puissent servir de modèles à l’ensemble des précaires ». Sophie a pris l’habitude de ne plus courber l’échine.

Par: Nicolas Dutent.

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