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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Croissance : la gueule de bois des déclinistes.

Les économistes officiels disaient donc des âneries. Ils s’étranglaient avec des mines de fossoyeurs excédés, en assurant que la France était à la traîne de l’Europe, et que le différentiel avec l’Allemagne ne cessait de se creuser. Ils ont tout faux depuis ce matin, après la publication des chiffres de la croissance.

À entendre la plupart des économistes, la sagesse et le réalisme conduisent à engager “la réforme structurelle”, c’est-à-dire à imposer des mesures de rigueur, comme en Allemagne. Or la France ne se porte pas bien, mais pas plus mal que son voisin, et même un peu mieux que la moyenne de l’Europe. Ce n’est pas le modèle français qui est en cause, c’est celui de l’austérité.

Tous ces savants ont donc la gueule de bois. Depuis le temps qu’ils se saoûlaient à la mauvaise nouvelle, les résultats de 2013, pourtant fragiles, leur font l’effet d’une douche glacée.

Quelle catastrophe, il n’y a pas de catastrophe !

Ils rament donc pour trouver des raisons d’espérer, c’est-à-dire de désespérer.

Dans le Nouvelobs.com, Philippe Crevel, économiste chez l’assureur Generali, met en garde comme la plupart de ses collègues contre un “risque de stagnation”, et souligne que « si le résultat est supérieur aux attentes du gouvernement, il est tout de même inférieur à sa prévision initiale, qui était de 0,9 % en janvier ».

Ouf !

Ne lui dites pas qu’en Allemagne la prévision initiale était de 1,8 % pour 2013, avant d’être ramenée à 0,8 cet automne, puis à 0,4... Il croit que la France est un cas unique en Europe.

D’ailleurs, il précise sa pensée : si la France a surpris positivement, c’est « grâce à la politique européenne » qui aurait accordé un délai pour réduire le déficit. Ne lui dites pas que les vingt-huit pays de l’Union européenne ont affronté une récession moyenne de - 0,4, donc que la France fait partie des moins malades sur un vieux continent anémique.

Dans le journal La Tribune, un éditorialiste du marché des changes a mis en ligne ses prévisions et commentaires, une heure avant la publication de l’Insee. Il annonçait « une croissance atone de 0,1 % et un résultat qui aurait pu être bien pire s’il n’y avait eu un léger mieux au niveau de la consommation des ménages ». Il a dû faire la grimace en apprenant que l’investissement des entreprises était redevenu positif après deux ans de régression, et que le nombre d’emplois salariés avait un peu progressé au dernier trimestre 2013.

Pas de quoi pavoiser, certes, et Pierre Moscovici, bien que légèrement euphorique, s’efforçait à la modestie. Mais il y a comme un contraste : quand on prédit le désastre à longueur d’éditos, comme Nicolas Baverez, une annonce à peine passable a l’air d’être une bonne nouvelle…

Au-delà de l’anecdote, c’est-à-dire de la bisbille politicienne entre un gouvernement qui essaiera de s’attribuer les mérites d’un timide redémarrage, et une opposition qui voudra les minimiser, cette modeste embellie met en avant l’une des questions les plus politiques du moment, et sans doute les plus taboues.

Le déclin de la France est devenu un discours obsédant. Une espèce d’évidence officiellement technique. Un raisonnement de bon sens, implacable dans l’énumération des faits et des réalités. Ne pas y croire, et ne pas s’y soumettre, est une forme de sacrilège. Il faudrait « ouvrir les yeux », et admettre que la France « a pris du retard », notamment vis-à-vis de l’Allemagne, en refusant de mener à bien les fameuses « réformes structurelles » qui auraient permis à notre voisin d’outre-Rhin de résister à la crise et de connaître une croissance remarquable.

Selon cette « évidence », la France devrait faire du Gerhard Schröder. Le chœur des économistes le dit, le Medef aussi, la droite le répète, et François Hollande le confirme. Pour faire court (mais à peine…), il faudrait s’attaquer à l’État-providence, en réduisant le nombre de fonctionnaires, en limitant les services, en sabrant dans les allocations (chômage, santé, ou retraites par exemple)...

Officiellement, ce programme de “réformes” pieusement dissimulé sous l’expression de “Réduction des dépenses de l’État” ne serait pas politique, mais simplement comptable. Ce serait la seule voie possible pour équilibrer le budget, réduire l’endettement, rendre aux entreprises leur dynamique, et au pays sa souveraineté. S’y opposer serait un acte idéologique et antipatriote, une manière de condamner la France. Il faudrait accepter les sacrifices, les boulots à un euro, la précarité, l’écart croissant entre les riches et les pauvres, ce serait un investissement, la preuve : l’insolente réussite de l’Allemagne !

Il se trouve que depuis trois ans, contrairement au catéchisme ambiant, l’écart ne se creuse pas entre le pays qui n’a pas su faire “la réforme”, et celui qui a su. En 2010, le différentiel de croissance entre la France et son modèle était de deux points, en 2013 il n’est plus que de 0,1 point !

Il se trouve aussi que la France n’est pas la seule à stagner, et que son fameux modèle social, ce damné, ce galeux, dénoncé comme un conservatisme et une antiquité, n’est pas un problème majeur. Le problème fondamental dont nous souffrons court à travers tous les pays d’Europe, Allemagne comprise. Ce n’est pas un “modèle social”, c’est une politique européenne qui ne ferait pas de politique mais seulement de l’économie…

La croissance mondiale repart, l’Europe est à la traîne, mais le problème viendrait de ce que la France est trop frileuse, et qu’elle ne taille pas, ou pas encore, à la Gerhard Schröder, dans ses services publics et son système de protection sociale !

Si les chiffres publiés par l’Insee ne sont pas une victoire pour le gouvernement français, ils sont une défaite cinglante pour tous ceux qui brandissent l’Allemagne comme un modèle absolu, et la France comme un repoussoir.

Se tairont-ils enfin, ces prédicateurs d’apocalypse, ou se montreront-ils modestes ? Ils parleront encore plus fort, comme d’habitude. Le désastre économique et financier de 2008, qu’ils n’ont pas vu venir, n’a fait qu’amplifier leurs demandes de “réformes” libérales, et leur mépris pour les États qu’ils ont appelés au secours.

La preuve de l’échec de leur orthodoxie ne fera donc que les galvaniser. Déjà, ce soir, ils expliquent que compte tenu de la démographie française, la croissance de 0,3 rapportée au nombre d’habitants est en fait une récession !

Sauvés, nous sommes perdus !

Déjà, ils admettent que l’Allemagne a calé en 2013, mais se tournent vers 2014, et s’enthousiasment avec une statistique toute chaude : notre pays ferait du surplace tandis que son partenaire frôlerait les 2 %.

Quand on veut tuer sa France, on dit qu’elle a l’Allemagne ! Si cette controverse officiellement économique n’est pas une immense bataille politique, une vraie guerre 14-18, c’est que Newton a capturé sa pomme au lasso, et qu’Archimède a inventé l’aéroplane. 

Par: Hubert Huertas.

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J
Après la dissolution de l'URSS et du socialisme réel, le camp occidental mené par les Etats-unis avaient promis la paix, la démocratie, la prospérité pour tous.<br /> <br /> Vingt ans après, la guerre est partout, la démocratie nulle part et la prospérité est réservée à une minorité.
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