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La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Comment comprendre l’attitude politique de « l’aile gauche » du PS ? pourquoi Gérard Filoche est-il aussi têtu?

Comment comprendre l’attitude politique de « l’aile gauche » du PS ? pourquoi Gérard Filoche est-il aussi têtu?

Comment comprendre l’attitude politique de l’aile Gauche du PS ? Non pas en piquant ses membres par comptes Tweeter interposés, mais en lisant leurs argumentaires. Au Parti Socialiste, Gérard Filoche a un blog - très fréquenté, qui d’ailleurs constitue une petite mine d’informations pour qui veut en savoir plus sur la destruction opérée par le Gouvernement Ayrault. Il anime une Revue « Démocratie et Socialisme« , paraissant tous les mois depuis 1992, institution ancienne de la gauche du Parti Socialiste.

Voilà qui étonne: les cadres de l’aile gauche du PS savent que ce que fait ce gouvernement est une véritable catastrophe sociale. Et pourtant, ilsrestent au Parti Socialiste les éléments assurant à ce Parti une crédibilité de gauche. Bien sûr, au Front de Gauche, on ne comprend pas comment on peut être de gauche et garder sa carte « dans un parti de droite comme le Parti Socialiste ». Alors chacun y va de son petit tweet, dans un style légèrement agressif, pour signifier son désaccord au principal intéressé.

Il est vrai que les explications données par la Gauche du PS ont toujours des allures de rationalisation généreuse a posteriori de décisions gouvernementales contestables, prises a priori. La minorité est toujours à la remorque de la majorité: elle en trimballe les valises. La stratégie du gouvernement pêcherait pour être une stratégie erronée face aux marchés. La responsabilité première du démantèlement industriel et de la casse des salaires reviendrait donc aux marchés, vague catégorie « poubelle » destinée à obérer l’existence d’humains en chair et en os qui en bénéficient. Ni Moscovici, ni Michel Sapin, ni Bernard Cazeneuve, ne seraient de droite: juste des gens de gauche avec une mauvaise stratégie.

Le PS: parti de classe (oui, mais laquelle?)

Dans la désignation de l’ennemi, il faut en rester à l’hypothèse d’un PS qui serait toujours « sain », « vivant », « à gauche »: la majorité réelle du PS serait opposée de cette politique et à un moment donné, la contradiction entre la majorité au sommet et la majorité à la base finirait par produire un surcroît de tension. Car le PS aurait une « nature de classe » (en raison de sa « génèse », de son « histoire », de ses « liens avec les syndicats ») et la politique actuelle du PS serait donc « contre-nature », .

Le rapport de force ne peut donc pas se situer entre le PS et les autres Partis de Gauche (ils seraient tous, par nature, des partis de classe): en fait, le Front de Gauche, Gérard Filoche (et avec lui toute la gauche du PS) n’a de cesse de le critiquer. Il ne faut pas « diviser la gauche » mais engager un mouvement unitaire de la gauche: le changement viendra de là et non de « la guerre d’une gauche contre une autre. »

De même, le passage à une VIe République ne viendrait pas d’une victoire électorale « d’une gauche épurée » « car aucune révolution ne nait d’une conscience de faire la révolution »: il faudrait un « mouvement social profond ». Tous ces extraits proviennent du livre de Gérard Filoche, le choc après Cahuzac?

L’un des éléments rhétoriques centraux de la pensée de la Gauche de Gérard Filoche, c’est la rhétorique de la volonté. Les errements du gouvernement actuel ne proviendraient pas d’une politique délibérément constituée pour mettre en œuvre le programme néolibéral d’une tendance politique du PS, qui fait l’alliance entre les hauts fonctionnaires de Bercy, l’énarchie et la grande banque. Ils proviendraient d’un manque de « volonté » à introduire le rapport de force. Et là, pour être clair: il ne faut pas croire que Filoche pêcherait pas naïveté.

Diviser le Front de Gauche

La « Gauche » du PS, c’est avant tout – en effet - une stratégie de division du Front de Gauche, consciemment mise en œuvre selon des mots d’ordre imposés à toute l’aile « gauche » du PS: diviser pour régner. Quand il s’agit de placer un pain d’explosif dans les relations entre le PCF et le PG, la « Gauche » du PS répond présente.

Cela a un sens. Que le Front de Gauche reste faible est la garantie de la solvabilité électorale de la gauche du PS; que le Front de Gauche reste faible est la garantie d’une apparence d’utilité pour l’aile gauche du PS; et que la Gauche du PS reste audible est la garantie – pour la tendance bancaire du PS – qu’il restera toujours au PS une caution de gauche à la politique de droite, menée par un parti et par un gouvernement de droite.

De cet état d’esprit nous avons des exemples concrets. En témoigne cette lettre de Marie-Noëlle Lienemann (clique ici), autre sénatrice du PS (et donc homologue de Pierre Laurent), visant à adjurer les communistes de Paris de faire l’alliance au premier tour avec le PS. Même argumentaire que Filoche – en forme de validation du chantage socialiste consistant à utiliser le FN pour diviser la droite et s’assurer le pouvoir de caporaliser la gauche: si l’on ne fait pas l’alliance au premier tour entre toutes les « gauches », alors c’est le FN et l’UMP qui s’en sortiront. « Quand la vague rose reflue, ce n’est pas la vague rouge qui l’emporte, mais la vague bleue, avec le risque qu’elle soit assortie d’une vague d’un bleu plus foncé » (p. 112). Tant pis s’il n’y a pas de risque FN à Paris.

Une ligne politique eurofédéraliste de l’aile Gauche

La « volonté » n’est pas ce qui manque aux hommes politiques du gouvernement. Car la volonté manque en fait à tous les hommes. Jean-Marc Ayrault, placé dans le cadre des traités communautaires, met en œuvre le dernier ANI « Made in Medef », n’augmente pas les salaires, laisse le pays s’enfoncer dans une désindustrialisation brutale, à cause du dumping allemand et de l’euro fort. Pis: atlantiste, ce gouvernement accepte la négociation du traité de libre-échange UE-USA, avec ces conséquences gravissimes sur les plans industriels, commerciaux, sociaux et écologiques. Le gouvernement pourrait avoir la meilleure volonté du monde: avec l’euro et les traités communautaires et atlantiques, toute volonté – même bonne, même « filochienne » – sera toujours contrainte par les cadres politiques et économiques qui en conditionnent les possibilités d’expression. La seule volonté qui se distinguerait d’une gesticulation dans ses conséquences pratiques, ce serait la volonté de rompre avec l’euro et avec l’Union européenne.

Le critère déterminant doit donc être placé ici: la question européenne. La Gauche du PS est, massivement et uniformément, pro-euro et fédéraliste. Ce qu’elle compte mettre en place est précisément le saut fédéral exigé, avec elle, par tous les eurobéats, de Daniel Cohn-Bendit à Nicolas Sarkozy, de François Hollande à Jean-François Copé. Quelles propositions? Faire le saut fédéral: le budget de l’UE devrait s’élever à 5% du PIB de l’Union; elle devrait mettre en place le protectionnisme européen, opérer un contrôle des capitaux, « faire l’Europe sociale ». Pro-euro et fédéraliste, cette Gauche du PS ne peut pas totalement se défaire de la tendance bancaire du PS: elle doit juger de la volonté, bonne ou mauvaise, pour ne pas parler de la souveraineté.

C’est là, sur le fond politique, qu’il y a un problème entre l’aile gauche du PS d’une part, et d’autre part les gauches qui essaient d’être critiques à l’égard de l’euro et de l’Union européenne.

Par : republique-ecosocialiste.

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