Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
citoyen18.overblog.com

La porte à gauche. Jean FERRAT a chanté que certains prétendent que le bonheur était à la porte à droite. Aujourd’hui est-il à la porte à gauche ? Oui ! mais à la condition de secouer le cocotier de la pensée convenu ! Ce petit blog crée à l’initiative de quelques militants communistes de Vierzon n’a d’autres ambitions que de donner aux citoyens un support pour s’exprimer librement sur les sujets politiques, sociaux ou culturels d’actualité du local à l’international, qui s’émancipe des discours convenus, des lignes officielles décidées par quelques notables de la politique, aux doubles langages, aux bonimenteurs de vraies fausses solutions et qui cultivent la résignation. Déverrouillez les débats et enfoncez la porte à droite (….ou à gauche ?) Les seules limites, car il en faut, à notre liberté : Celle du respect des personnes, le souci de la vérité et de faire vivre le débat. Ainsi seront exclus tous messages comprenant des insultes ou diffamations visant une (des) personne(s), seront exclues, s’ils sont avérées, des informations mensongères ou rumeur infondées. Chacun pourra également participer au débat juste et loyal en signalant un abus de cette nature. Les productions de ces abus seront retirés et l’auteur exclu du blog.

Ariel Sharon, le plus vieil ennemi des Palestiniens, est mort.

Il aura survécu pendant près de dix ans –dont huit passé dans un coma profond– à celui qu'il considérait comme son ennemi le plus dangereux, le plus irréductible, et qu'il avait tenté maintes fois d'abattre: Yasser Arafat. 

Ariel Sharon a fini par mourir samedi, alors qu'il végétait depuis 8 ans dans un hopital de Jérusalem. En Israël, on parle de lui comme d' un héros, « un guerrier qui sacrifié sa vie à la patrie ». François Hollande ne s'avance pas en parlant d'un « acteur majeur dans l'histoire de son pays », ce qui est incontestable. Mais dans quel sens a-t-il agi? Certainement pas dans celui de la paix.

La force de l'épée

Les Palestiniens en savent quelque chose. Ils ne le pleureront pas. Il leur a fait tant de mal, tout au long de sa vie. Il n'a même fait que cela. Nourri de l'idéologie du «Grand Israël» qui voulait conquérir la Palestine du Litani au Nil et de la Mediterranée au Jourdain pour en faire un état juif, il croyait avant tout à ce qu'il appelait «la force de l'épée» pour assurer l'avenir d'Israël. Aussi a-t-il tout de suite choisi la carrière militaire: engagé dans la Hagannah à 20 ans, pour la première guerre israélo-arabe, il commet son premier massacre en 1953 à la tête d'une unité des Forces spéciales en rasant le village de Kibya en Jordanie: 69 civils sont alors tués dans le dynamitage des maisons. Il deviendra un héros lors de la guerre des Six Jours en participant à la prise du Sinai et augmentera encore son prestige en 1973 en franchissant le canal de Suez, à la tête de ses parachutistes.

Un prestique qui lui ouvre aussitôt les portes de la Knesset pour le parti de droite nationaliste Likoud, puis celles du gouvernement en 1977. Comme ministe de l'agriculture, il lance une politique d'extension massive des colonies juives en Cisjordanie et dans la bande de Gaza occupées. Colonisation active et chasse aux Palestiniens seront, jusqu'à sa mort cérébrale en 2006, les deux piliers de son action politique. C'est lui qui inventa dès 1974 l'installation « coup de poing » de ce qu'il appelait des « avant postes » de colons dans les territoires palestiniens occupés. 

Même après les accords d'Oslo en 1993, alors qu'Israël est sensé négocier une solution définitive basée sur le concept de «la paix contre les territoires», il lance ce mot d'ordre aux jeunes du Likoud: «Occupez les collines, installez des avant-postes partout!», continuant la politique du fait accompli.

Sabra et Chatila

Son pire forfait aura été, en 1982, alors qu'il était ministre de la Défense de Menahem Begin, l'invasion du Liban, le siège de Beyrouth où il tente plusieurs fois de tuer Yasser Arafat en bombardant les immeubles où il est supposé être, et surtout, horreur parmi les horreurs: les massacres de Sabra et Chatila. Dans ces deux camps de réfugiés palestiniens de la banlieue sud de Beyrouth, il laisse ses alliés phalangistes libanais massacrer du 16 au 18 septembre plus de 3000 civils –les combattants palestiniens ayant été évacués par la France et l'Italie quelques jours plus tôt.

 

Ce crime, dont il est tenu pour responsable par l'ONU et par la Commission d'enquête israélienne ne l'empêchera pas de poursuivre une brillante carrière politique jusqu'au poste de Premier ministre qu'il occupe de 2002 jusqu'à sa mort cérébrale en 2006.

Entre temps il aura eu la satisfaction de contribuer à la mort de son ennemi de toujours, le président de l'OLP et de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, qu'il avait enfermé dans sa résidence de la Moukata à Rammallah, encerclée par l'armée israélienne et régulièrement bombardée.  

Sans pitié et pragmatique

Ariel Sharon n'était pas seulement un guerrier sans pitié. Il était aussi un fin politique et un pragmatique. Ainsi réussit-il à faire passer pour un geste de paix le désengagement des colons de la bande de Gaza, opéré en 2005 de façon unilatérale, sans concertation avec l'OLP. Résultat: ce territoire - «64 ans de problèmes pour Israël» disait-il – est passé sous contrôle du parti islamique Hamas, consacrant une dangereuse division territoriale et politique de la Palestine et un affaiblissement de l'OLP.

Ce geste, alors salué comme courageux, en accompagnait un autre: la construction d'un immense mur de béton et de barbelés enserrant les territoires palestiniens, les grignotant, les disséquant, séparant hommes et terres et mettant gravement en question la viabilité d'un Etat palestinien.

Quant à savoir si Sharon aurait, comme il le promettait alors, poursuivi le démantèlement des colonies en Cisjordanie même, on ne le saura jamais. Une chose est certaine: il a, par son action, considérablement aggravé la situation. Cela d'autant plus qu'il laisse Israël aux mains de politiciens plus extrémistes encore puisque son successeur, Benjamin Netanyahu, n'a rien trouvé de mieux que de s'allier aux ultra-nationalistes de Lieberman et aux colons. C'est avec eux, aujourd'hui, que Mahmoud Abbas est sommé de faire la paix...

Par: Françoise Germain Robin.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article